RCA-Pénurie de viande à Bangassou : marchés sous tension, consommateurs inquiets

Le poulet, la viande de bœuf et la viande de brousse se font de plus en plus rares, au grand désarroi des consommateurs comme des commerçants.

 

Depuis plus de deux semaines, les marchés de Bangassou, chef-lieu de la préfecture du Mbomou, font face à une rareté inhabituelle de certaines denrées alimentaires. Sur les étals habituellement bien garnis, les vendeurs peinent désormais à s’approvisionner. « Avant, nous recevions régulièrement de la viande, mais aujourd’hui, les livraisons sont presque à l’arrêt », confie un boucher du marché central. Cette situation entraîne une hausse des prix, rendant ces produits inaccessibles pour de nombreux ménages.

Les consommateurs, quant à eux, dénoncent une pénurie qui pèse lourdement sur leur quotidien. « La viande est devenue un luxe. Même quand on en trouve, les prix sont trop élevés », se plaint une mère de famille rencontrée sur le marché. Pour beaucoup, cette rareté oblige à modifier les habitudes alimentaires et à se tourner vers des produits de substitution.

Les commerçants évoquent plusieurs causes possibles à cette situation, notamment les difficultés d’approvisionnement, l’insécurité sur certains axes routiers et la baisse des activités d’élevage et de chasse dans la région. En l’absence de solutions rapides, ils craignent que la pénurie ne s’aggrave dans les semaines à venir.

Face à cette situation préoccupante, consommateurs et vendeurs appellent les autorités locales à prendre des mesures urgentes afin de faciliter l’approvisionnement des marchés et de stabiliser les prix. En attendant, la population de Bangassou continue de subir les effets d’une pénurie qui fragilise un peu plus le pouvoir d’achat des ménages.

RCA : un agriculteur tué lors d’un incident lié à la transhumance

La transhumance, à peine entamée dans la préfecture de la Nana-Mambéré, fait déjà des victimes.

 

Le drame s’est produit le 9 janvier dernier, au village Kella-Goffi, situé dans la périphérie de Bouar, où un agriculteur a été mortellement poignardé par un éleveur armé, plongeant la communauté locale dans la stupeur et la peur.

Selon des témoignages recueillis sur place, l’incident serait survenu à la suite d’un différend entre l’agriculteur et l’éleveur, dans un contexte marqué par la circulation des troupeaux à travers les zones cultivées. La violence de l’acte a provoqué une vive émotion au sein des habitants, qui redoutent une recrudescence des affrontements à mesure que la transhumance s’intensifie.

Ce nouveau drame ravive les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs dans la région. Chaque année, la période de transhumance est synonyme de conflits liés à la destruction des champs, à l’occupation des terres et à l’insécurité croissante dans les villages ruraux. Pour les populations de Nana-Mambéré, la mort de cet agriculteur est le signal alarmant d’une saison qui s’annonce particulièrement éprouvante.

Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler les autorités locales et nationales à renforcer les mécanismes de prévention des conflits, à sécuriser les zones agricoles et à faire respecter les couloirs de transhumance. Les leaders communautaires, de leur côté, plaident pour un dialogue urgent entre agriculteurs et éleveurs afin d’éviter une escalade de la violence.

En attendant des mesures concrètes, les habitants de Bouar et de ses environs vivent dans la crainte de nouveaux incidents.

RCA-Elections : l’URCA échange avec la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme

Cette rencontre avait pour objectif principal de dénoncer les irrégularités présumées ayant entaché le déroulement des élections groupées du 28 décembre dernier.

 

Le parti politique Union pour le renouveau centrafricain (URCA) a rencontré, le 14 janvier, les responsables de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) à Bangui.

Au cours des échanges, les dirigeants de l’URCA ont exposé plusieurs griefs liés au processus électoral, évoquant notamment des dysfonctionnements organisationnels, des manquements aux règles électorales et des atteintes aux principes de transparence et d’équité. Selon le parti, ces irrégularités seraient de nature à remettre en cause la crédibilité des résultats proclamés.

De son côté, la LCDH s’est dite attentive aux préoccupations soulevées par l’URCA. L’organisation de défense des droits de l’Homme a rappelé l’importance du respect des normes démocratiques et des droits civils et politiques, en particulier dans un contexte électoral sensible. Elle a également souligné la nécessité de documenter les faits afin de permettre, le cas échéant, des recours légaux appropriés.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement commun en faveur d’un processus électoral transparent, inclusif et respectueux des droits de l’Homme. Elles ont appelé les autorités compétentes à faire toute la lumière sur les accusations formulées, dans l’intérêt de la démocratie et de la stabilité du pays.

Électricité : l’Enerca engage des travaux de maintenance aux centrales de Boali 1 et 2

Depuis quelques jours, l’Énergie centrafricaine (Enerca) mène des travaux de maintenance et de modernisation dans ces deux centrales hydroélectriques pour améliorer la qualité de la distribution de l’électricité à Bangui.

 

À Boali 2, les équipes techniques sont à pied d’œuvre pour remplacer progressivement les pièces d’un groupe en panne depuis le début de l’année. Cette défaillance est présentée par les responsables de l’Enerca comme l’une des principales causes des délestages récurrents observés récemment dans la capitale. Selon la direction générale, un premier groupe a déjà été remis en service après réparation, tandis que le second est encore en cours de dépannage et devrait, si tout se déroule comme prévu, être opérationnel dans les prochains jours.

« Aujourd’hui, l’alimentation de la ville de Bangui en électricité est fortement perturbée. Nous avons enregistré des pannes successives sur deux groupes à Boali 2. Après des travaux de réparation, l’un des groupes a été remis en service. L’autre est toujours en réparation, mais pourrait être remis en service très prochainement », a expliqué Bienvenu Moni Béa, directeur général par intérim de l’Enerca.

Après Boali 2, la mission technique s’est rendue à Boali 1, où deux groupes sont actuellement à l’arrêt. Dans cette centrale, les travaux portent principalement sur la digitalisation des systèmes de commande. Cette modernisation vise à réduire les pertes techniques, optimiser le fonctionnement des installations et renforcer la confiance des usagers.

Si ces travaux ne permettent pas d’augmenter la capacité de production, ils constituent néanmoins un levier important pour améliorer la qualité du service. « Il faut le souligner, ces interventions ne consistent pas à accroître la capacité de production de l’Enerca. Elles visent plutôt à améliorer la qualité de service, à mieux surveiller les machines et à anticiper les pannes éventuelles grâce à une meilleure analyse des données », a précisé le directeur général par intérim.

Alors que la demande en électricité ne cesse de croître à Bangui et dans ses environs, ces travaux apparaissent comme un pari ambitieux mais nécessaire pour stabiliser le réseau et limiter les interruptions intempestives.

Financés par la Banque mondiale, les travaux de dépannage et de digitalisation des centrales de Boali 1 et 2 devraient s’achever au mois de février prochain, selon les responsables de l’Enerca.

RCA : un appel urgent à l’aide humanitaire

Près de 4 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge à Ouanda-Djallé, dans la Vakaga, depuis novembre 2025.

 

Accueillis par des familles hôtes, près de 4 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge à Ouanda-Djallé, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine. Ils font face à de graves difficultés et appellent à une aide humanitaire urgente.

Cependant, cette arrivée massive exerce une forte pression sur les capacités déjà limitées de la ville. Les réfugiés font face à de nombreuses difficultés, notamment l’accès à la nourriture, aux soins de santé et à l’eau potable. Les structures sanitaires locales, peu équipées, peinent à répondre à la demande croissante, tandis que les familles d’accueil se retrouvent dépassées par l’ampleur des besoins.

Malgré les efforts des autorités locales pour organiser l’accueil et maintenir un minimum de prise en charge, la situation demeure préoccupante. « Les moyens dont nous disposons sont insuffisants face à l’ampleur de la crise. Ces populations ont besoin d’une assistance urgente », a alerté Jean-Baptiste Ngrébaye, porte-parole du maire de la ville de Ouanda-Djallé.

Face à cette urgence humanitaire, les réfugiés, tout comme les autorités locales, lancent un appel pressant au gouvernement centrafricain et aux organisations humanitaires nationales et internationales afin qu’une aide rapide et adéquate soit déployée. Sans un soutien renforcé, les conditions de vie de ces populations vulnérables risquent de se dégrader davantage dans les semaines à venir.

Haut-Mbomou : le gouvernement appelle au calme et réfute les accusations du BRDC

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire tenue le 12 janvier, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a tenu à rassurer les populations locales et l’opinion nationale.

 

Le gouvernement centrafricain a réagi à la situation sécuritaire préoccupante dans la préfecture du Haut-Mbomou, tout en répondant aux récentes déclarations du Bloc républicain pour la défense de la constitution du 30 mars 2016 (BRDC), qualifiées de « sans fondement ».

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, à rassurer l’opinion nationale. Il a appelé les habitants du Haut-Mbomou au calme et à la vigilance, tout en réaffirmant l’engagement des autorités à rétablir durablement la sécurité dans cette partie du pays, confrontée à des tensions persistantes.

Face aux accusations formulées par le BRDC, le gouvernement dénonce une tentative de manipulation politique. « Ces déclarations ne reposent sur aucun élément factuel crédible et visent à semer la confusion au sein de la population », a déclaré Maxime Balalou, insistant sur la responsabilité des acteurs politiques en période de fragilité sécuritaire.

Le porte-parole a également rappelé que des mesures concrètes sont en cours, notamment le déploiement progressif des Forces armées centrafricaines (FACA), en coordination avec leurs partenaires, afin de protéger les civils et de restaurer l’autorité de l’État dans le Haut-Mbomou.

Dans ce contexte sensible, le gouvernement appelle à l’unité nationale et au sens de responsabilité de tous les acteurs politiques et sociaux. « La paix et la sécurité ne peuvent être compromises par des discours alarmistes ou infondés », a souligné Maxime Balalou, réaffirmant la détermination des autorités à œuvrer pour la stabilité du pays.

Cette sortie médiatique intervient alors que la situation sécuritaire demeure un enjeu majeur pour les populations du Haut-Mbomou, qui aspirent à un retour rapide à la paix et à des conditions de vie normales.

RCA : le ministère des Affaires sociales intensifie la lutte contre les violences conjugales

Une campagne de sensibilisation a été menée dans le 2ᵉ groupement de la ville de Bouar afin d’alerter les populations sur les dangers et les conséquences des violences au sein des ménages.

 

À Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, le ministère des Affaires sociales et du Genre renforce ses actions de prévention contre les violences conjugales. Face à la persistance des violences conjugales, les autorités entendent agir en amont par l’information et la conscientisation. C’est dans ce cadre que les responsables du ministère des Affaires sociales et du Genre ont échangé avec les habitants du 2ᵉ groupement de Bouar, hommes et femmes, autour des causes, des formes et des impacts des violences au sein du couple.

Au cours des séances, l’accent a été mis sur les conséquences sociales, psychologiques et sanitaires des violences conjugales, tant pour les victimes que pour les enfants témoins de ces actes. Les animateurs ont également rappelé que ces violences constituent une violation des droits humains et un frein majeur à la cohésion familiale et au développement communautaire.

Les participants ont été invités à privilégier le dialogue, le respect mutuel et le recours aux mécanismes de médiation en cas de conflit. Les représentants du ministère ont, par ailleurs, présenté les structures d’écoute et d’accompagnement existantes, encourageant les victimes à briser le silence et à solliciter de l’aide.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à réduire durablement les violences basées sur le genre à travers le pays.

RCA-Elections : le BRDC rejette les résultats provisoires et met en cause la Minusca

Cette position a été exprimée à Bangui par le porte-parole de la plateforme, Martin Ziguélé, lors d’un point de presse.

 

Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution de 2016 (BRDC) a rejeté, lundi 12 janvier 2026, les résultats provisoires des élections groupées du 28 décembre 2025 en République centrafricaine. Selon le BRDC, le scrutin s’est déroulé dans un climat marqué par de « graves dysfonctionnements » ayant, selon ses responsables, entaché la crédibilité et la transparence du processus électoral. La plateforme de l’opposition dénonce notamment des irrégularités liées à l’organisation du vote, au dépouillement des suffrages et à la centralisation des résultats.

Au cours de sa déclaration, Martin Ziguélé a également remis en cause le rôle de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). Il estime que l’institution onusienne n’a pas su, ou n’a pas voulu, jouer pleinement son rôle d’accompagnement impartial du processus électoral, tel que prévu par son mandat.

« La Minusca, qui se présente comme garante de la crédibilité des élections, ne peut rester silencieuse face aux nombreuses violations constatées sur le terrain », a affirmé le porte-parole du BRDC, appelant la communauté internationale à « prendre ses responsabilités ».

Le BRDC exige ainsi la publication de résultats « conformes à la vérité des urnes » et appelle à une évaluation indépendante du processus électoral. La plateforme n’exclut pas d’engager d’autres actions politiques et légales si ses revendications ne sont pas prises en compte.

De leur côté, les autorités électorales n’ont pas encore officiellement réagi aux accusations portées par l’opposition. La Minusca, pour sa part, réaffirme régulièrement son engagement en faveur d’élections « libres, transparentes et inclusives », tout en appelant les acteurs politiques au calme et au respect des voies légales de contestation.

RCA-Forces armées : sanctions exemplaires après des manquements disciplinaires

Dans une note officielle datée du 8 janvier, le Chef d’État-major des armées des Forces armées centrafricaines (FACA) a annoncé une série de sanctions disciplinaires à l’encontre de plusieurs militaires reconnus coupables de manquements graves aux règles en vigueur.

 

La mesure la plus sévère concerne un militaire du 13ᵉ bataillon d’infanterie territoriale, radié des effectifs pour avoir enfreint l’interdiction formelle de tirs d’armes à feu durant le réveillon. Un acte jugé dangereux et contraire aux consignes strictes de sécurité édictées par le commandement.

Par ailleurs, deux autres militaires ont été définitivement radiés pour avoir procédé à la vente d’armes de service, une infraction qualifiée de grave atteinte à la discipline militaire et à la sécurité nationale. Neuf soldats ont également écopé de sanctions disciplinaires, se traduisant par une rétrogradation, pour manquement à leurs devoirs et obligations professionnelles.

S’exprimant à ce sujet, le lieutenant-colonel Franck Gonidé, chef du bureau presse de l’État-major, a rappelé au micro de Radio Centrafrique que ces décisions s’inscrivent dans la volonté des autorités militaires de renforcer la discipline, l’éthique et le professionnalisme au sein des FACA. Il a souligné que « nul n’est au-dessus des règles » et que tout comportement contraire aux valeurs de l’armée fera l’objet de sanctions appropriées.

RCA-présidentielle : la MOE-RAC conteste les conditions de la victoire au premier tour

Dans un communiqué rendu public, la mission affirme avoir relevé plusieurs irrégularités susceptibles d’avoir affecté la sincérité du processus électoral.

 

Au lendemain de la publication des résultats globaux provisoires de l’élection présidentielle, la Mission d’observation électorale du Réseau Arc-en-ciel (MOE-RAC) a exprimé de réserves sur le déroulement du scrutin. Selon la MOE-RAC, des dysfonctionnements ont été observés à différentes étapes du scrutin, notamment lors des opérations de vote, de dépouillement et de compilation des résultats. Ces manquements, estime la mission, soulèvent des interrogations sur les conditions ayant conduit à la proclamation du président sortant comme vainqueur dès le premier tour.

S’exprimant à ce sujet, Joseph Bindoumi, président de la mission d’observation, a indiqué que certaines pratiques constatées ne sont pas conformes aux standards électoraux généralement admis. Il cite, entre autres, des insuffisances dans la transparence des procédures, des difficultés d’accès de certains observateurs aux bureaux de vote, ainsi que des incohérences relevées dans les procès-verbaux consultés.

Tout en réaffirmant son attachement à la paix et à la stabilité du pays, la MOE-RAC appelle les autorités compétentes à examiner avec attention les observations formulées, afin de renforcer la crédibilité du processus électoral et la confiance des citoyens dans les institutions issues des urnes.

La mission d’observation électorale du Réseau Arc-en-ciel précise qu’un rapport détaillé sera publié dans les prochains jours. Ce document, selon ses responsables, présentera de manière approfondie les constats effectués sur le terrain ainsi que des recommandations en vue d’améliorer l’organisation des futures consultations électorales.