Coopération : échange entre le président centrafricain et le président de transition du Gabon

Le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, facilitateur de la CEEAC dans la situation politique au Gabon, a rencontré Brice Oligui Nguema, président de la transition au Gabon, le 5 septembre 2023.

 

La rencontre qui s’est tenu à Libreville, a permi dans un premier temps, de transmettre aux nouvelles autorités gabonaises les résolutions prises par les Chefs d’état de la CEEAC lors du 4e sommet extraordinaire de Djibloho, en Guinée équatoriale. Une session de travail qui s’est tenue le jour de la prestation de serment du nouvel homme fort du Gabon.

La mission du facilitateur de la CEEAC, visait également à obtenir des autorités de la Transition la volonté de revenir rapidement dans l’ordre constitutionnel afin de permettre au Gabon de reprendre toute sa place dans les institutions régionales, garantir l’intégrité physique du président déchu et de toute sa famille, préserver la paix et la sécurité du Gabon pour maintenir la stabilité sous régionale, et accompagner le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) pour un retour rapide de l’ordre constitutionnel et permettre l’organisation d’élections libres et transparentes.

A l’issue des échanges, Brice Oligui Nguema a fait la promesse de mettre sur pied un gouvernement de transition dans les prochains jours. Cependant le leader du CTRI n’a pas donné un délai pour la durée de la transition. Or la CEEAC à l’issue de sa 4ème session extraordinaire a donné aux militaires un délai d’un an pour rendre le pouvoir aux civils.

 

Gabon : la CEEAC donne un an aux militaires pour rendre le pouvoir aux civils

C’est l’une des résolutions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale réunie en session extraordinaire le lundi 04 septembre 2023 en Guinée équatoriale.

 

La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale ne cautionne pas la prise du pouvoir par la force au Gabon. L’institution sous-régionale impose en effet des contraintes aux nouveaux dirigeants qui ont évincé le 30 août 2023, Ali Bongo Ondimba, au moment où les résultats de la présidentielle du 26 août dernier, lui donnaient d’entamer un nouveau mandat à la tête du pays. La CEEAC réunie à Malabo en sommet extraordinaire hier 04 septembre sur ce coup d’Etat, a édicté des mesures conservatoires à l’encontre du Gabon dirigé par le général Brice Oligui Nguema.

Parmi ces mesures figure la « suspension de l’adhésion du Gabon » à la CEEAC « en réponse au coup d’Etat du 30 août qui a chassé le président Ali Bongo Ondimba ». L’autre résolution prise au terme de ce sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEEAC est de sommer les militaires au pouvoir de rendre le pouvoir aux civils dans un délai de 12 mois à compter du 04 septembre 2023.

Cependant, au moment où se tenait ce sommet extraordinaire en Guinée Equatoriale, le général Brice Oligui Nguema prêtait serment devant la cour constitutionnelle au Gabon. Le président de transition a pris l’engagement de remettre le pouvoir aux civils après une période de transition dont il n’a pas fixé la durée. Le général président de transition promet aussi « d’amnistier les prisonniers d’opinion ». Il a par ailleurs assuré de l’organisation des élections crédibles à la place de celles que le groupe militaire a annulées en prenant le pouvoir le 30 août dernier. Ces élections se tiendront après l’installation « des institutions plus démocratiques » au Gabon.

Mais, aucune précision n’a non plus été faite sur la période de la tenue de ces élections. Le président de transition ne se limite à dire qu’il n’agit pas dans la précipitation quant à l’organisation des élections. Un flou qui vient s’ajouter sur la position de l’opposition gabonaise qui voudrait que le pouvoir, quoique militaire, continue de comptabiliser les votes qui, pour elle, sont en faveur du candidat de la plateforme Alternance 2023, Albert Ondo Ossa.

En prêtant serment lundi dernier, le général Brice Oligui Nguema s’est étonné de la condamnation du coup d’Etat par la communauté internationale. Pour lui, cette prise de pouvoir est survenue pour éviter « une effusion de sang ».