Arrêtés le 15 octobre à Bangui, trois responsables de la société civile sont au cœur de vives condamnations.
L’interpellation de trois figures de la société civile centrafricaine continue de susciter des réactions. Le directeur de publication de Maïgaro Infos, associé à Letsunami.info, ainsi que l’Association Les 12 Apôtres ont condamné ces arrestations survenues le jeudi 15 octobre 2026 à Bangui. Ils appelant les autorités à libérer les personnes concernées et à respecter les libertés fondamentales.
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Les personnes interpellées sont Elysée Nguémalé, coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), Quentin Claver Ngbouando, coordonnateur du mouvement citoyen I Gwé, et Steve Francis Bendo Ndeny, activiste de ce même mouvement.
Selon le communiqué de l’Association Les 12 Apôtres, ces arrestations interviennent trois jours après la journée « ville morte » du 12 octobre, organisée à l’appel de l’OGDC et de I Gwé pour protester contre la hausse du prix du carburant. Elles auraient eu lieu alors que les responsables concernés s’apprêtaient à présenter le bilan de cette mobilisation lors d’une conférence de presse.
Des arrestations jugées préoccupantes
Dans sa déclaration, le directeur de publication de Maïgaro Infos, associé à Letsunami.info, estime que ces interpellations, si elles sont confirmées et dépourvues de fondement légal, constituent une atteinte grave aux libertés publiques. Il rappelle que la Constitution centrafricaine du 30 août 2023 garantit notamment les libertés individuelles, la liberté d’expression et le droit de réunion.
La déclaration souligne que la société civile ne saurait être considérée comme une menace pour la République au seul motif qu’elle dénonce la cherté de la vie, la hausse des prix des hydrocarbures ou les insuffisances de la gouvernance. Pour ses auteurs, les revendications sociales doivent recevoir des réponses politiques, économiques et sociales plutôt que des mesures d’intimidation.
De son côté, l’Association Les 12 Apôtres dénonce une dérive autoritaire et considère ces arrestations comme un nouvel épisode de la répression des voix critiques. Elle estime que l’expression pacifique d’un mécontentement et l’organisation d’une conférence de presse ne peuvent être assimilées à des actes criminels.
L’organisation établit également un lien entre ces interpellations et les préoccupations soulevées par sa pétition internationale pour la protection du peuple centrafricain et le respect des droits fondamentaux. Celle-ci dénonce notamment la gestion du secteur des hydrocarbures, la hausse du prix du carburant et leurs conséquences sur le coût du transport et des produits de première nécessité.
Les deux prises de position convergent sur une exigence principale, la libération immédiate et sans condition des responsables interpellés, si aucune base légale ne justifie leur détention.
L’Association Les 12 Apôtres demande également que leur intégrité physique soit préservée et que leurs droits à l’assistance d’un avocat et aux visites familiales soient garantis dans l’attente de leur libération. Elle réclame, par ailleurs, une transparence accrue dans la gestion du secteur des hydrocarbures ainsi qu’une enquête indépendante sur les mécanismes de fixation des prix du carburant.
La déclaration du directeur de publication de Maïgaro Infos appelle, quant à elle, les autorités à rendre publics les motifs des interpellations, à préciser où se trouvent les personnes concernées et à garantir le respect de leurs droits conformément à la loi.
L’Association Les 12 Apôtres invite en outre les partenaires internationaux de la République centrafricaine à se saisir de la situation et à renforcer le suivi des droits humains dans le pays. Elle appelle les Centrafricains de l’intérieur et de la diaspora, les organisations de la société civile ainsi que les acteurs religieux à soutenir la pétition internationale.




