Dans un rapport consacré à la Cour pénale spéciale (CPS), l’organisation de défense des droits humains appelle les autorités à exécuter les mandats d’arrêt en vigueur.
Amnesty International appelle les autorités centrafricaines à renforcer leur soutien à la Cour pénale spéciale (CPS) afin de garantir la poursuite des responsables présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Dans son rapport intitulé « Les bourreaux sont encore là », l’organisation dénonce notamment l’inexécution de plusieurs mandats d’arrêt et les obstacles qui entravent le travail de cette juridiction chargée de juger les crimes les plus graves commis en République centrafricaine.
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Pour étayer ses conclusions, Amnesty International s’appuie sur une mission menée à Bangui du 8 au 18 avril 2026, au cours de laquelle ses représentants ont interrogé 63 personnes, dont des magistrats, des victimes et des acteurs de la société civile. L’organisation a également examiné des décisions judiciaires et d’autres documents relatifs au fonctionnement de la CPS.
Amnesty International reconnaît les progrès accomplis par la CPS depuis le début de ses activités. Les trois premières affaires jugées ont abouti à 19 condamnations et un acquittement, tandis que deux autres procès sont en cours.
Malgré ces avancées, l’organisation estime que les poursuites contre les personnes présumées les plus responsables des crimes internationaux restent insuffisantes. Elle appelle ainsi les autorités à donner à la juridiction les moyens nécessaires pour poursuivre sa mission en toute indépendance et sans entrave.
Parmi ses principales recommandations, Amnesty International demande l’exécution immédiate de tous les mandats d’arrêt de la CPS visant des personnes présentes sur le territoire centrafricain, y compris celui concernant Hassan Bouba, actuel ministre de l’Urbanisme.
Ancien responsable du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC), ce dernier a été arrêté le 19 novembre 2021 et inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans le cadre de l’affaire d’Alindao. Il a toutefois été libéré le 26 novembre 2021 par les autorités centrafricaines.
Selon le rapport, le mandat d’arrêt reste en vigueur malgré sa libération et ses fonctions gouvernementales. À l’époque, le ministère de la Justice avait justifié cette décision par l’expiration du délai légal de détention. La CPS avait contesté cette interprétation et dénoncé une entrave à son action judiciaire.
Amnesty International rappelle que l’inculpation ne vaut pas déclaration de culpabilité et insiste sur la nécessité de permettre à la justice de suivre son cours.




