À l’occasion de la Journée nationale des victimes des conflits armés célébrée chaque 11 mai, les voix des survivants des différentes crises qui ont secoué le pays résonnent avec gravité et espoir.
Instituée à l’issue du Forum de Bangui de 2015, cette journée rend hommage aux milliers de Centrafricains tués, déplacés, mutilés ou traumatisés par des années de violences armées. Si les cérémonies officielles ont été reportées au 20 mai prochain, plusieurs victimes et associations de défense des droits humains ont tenu à rappeler l’importance de cette commémoration. Au-delà du devoir de mémoire, elles y voient surtout une occasion d’interpeller les autorités sur leurs attentes encore non satisfaites, notamment en matière de réparations.
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Dans plusieurs témoignages recueillis à Bangui, les victimes reconnaissent les avancées enregistrées ces dernières années dans la lutte contre l’impunité. La mise en place de la Cour pénale spéciale, les procès de certains chefs de groupes armés ainsi que les condamnations prononcées sont perçus comme des signaux encourageants.
Malgré ces progrès, les survivants estiment que leurs souffrances restent encore largement ignorées sur le plan social et économique. Beaucoup disent vivre dans la précarité après avoir perdu leurs proches, leurs biens ou leurs moyens de subsistance durant les conflits.
Les associations de victimes réclament ainsi la mise en place effective d’un mécanisme national de réparations. Elles demandent notamment des indemnisations financières, une prise en charge psychologique, l’accès aux soins, la scolarisation des orphelins ainsi que des programmes de réinsertion pour les personnes affectées par la guerre.
Certaines victimes appellent également le gouvernement et les partenaires internationaux à accélérer le fonds spécial destiné aux réparations, longtemps annoncé mais encore peu visible sur le terrain. Pour elles, la reconnaissance des souffrances doit impérativement se traduire par des actions concrètes.
Dans un pays encore marqué par les séquelles des conflits armés, cette journée nationale apparaît comme un moment de recueillement mais aussi de revendication.




