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RCA : une semaine sans nouvelles de la sous-préfète de Bambouti

Koumba Ndiaye reste introuvable depuis le 28 décembre dernier, jour de la tenue des élections générales en République centrafricaine, au…

Koumba Ndiaye reste introuvable depuis le 28 décembre dernier, jour de la tenue des élections générales en République centrafricaine, au cours desquelles la localité frontalière du Soudan du Sud a été le théâtre de violents incidents.

 

Ce dimanche-là, des hommes armés appartenant au groupe d’autodéfense Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) ont perturbé le déroulement du scrutin en prenant le contrôle de la ville de Bambouti dès les premières heures de la matinée. Ce groupe, issu de la communauté zandé et allié du pouvoir de Bangui, aurait bénéficié de l’appui de mercenaires russes du groupe Wagner. Malgré la reprise rapide de la ville par les Forces armées centrafricaines et leurs alliés, les assaillants se sont retirés en emportant deux otages : un gendarme et la sous-préfète. Un agent électoral a, quant à lui, perdu la vie lors de ces affrontements.

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À Bangui, le silence et la détresse dominent au domicile de la famille Ndiaye. Assis sur des nattes, les proches de la sous-préfète peinent à cacher leur douleur, marqués par l’attente et l’incertitude. « La dernière fois que nous avons entendu sa voix, c’était à travers une note vocale envoyée dans notre groupe familial WhatsApp. Elle disait qu’elle était en sécurité », confie, les larmes aux yeux, Frédérique Sénégo, l’une de ses filles. « Depuis, plus aucune nouvelle. Mon cœur est rempli de tristesse et de pleurs. »

La région de Bambouti est depuis plusieurs années en proie à une insécurité persistante, alimentée par des affrontements récurrents entre les rebelles de l’UPC et les milices Azandé Ani Kpi Gbé. Malgré la présence de la Minusca, des forces armées centrafricaines et de leurs alliés, la situation demeure extrêmement volatile.

Selon des proches, la sous-préfète Koumba Ndiaye n’avait cessé d’alerter les autorités sur la gravité de l’insécurité dans cette zone reculée. « Elle a dénoncé à plusieurs reprises la présence massive des groupes armés et l’abandon de cette localité par l’État », explique Lena Mongbokoli, membre de la famille. « Aujourd’hui, nous ne savons même pas si elle est vivante. Toute la famille est affaiblie. »

Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par le gouvernement centrafricain. Toutefois, une source gouvernementale indique qu’une mission aurait été dépêchée sur le terrain afin de tenter de retrouver les personnes enlevées. En attendant, l’inquiétude reste vive et l’espoir fragile, alors que la famille et la nation retiennent leur souffle.


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