La décision des autorités sanitaires de mettre fin aux activités des mini-pharmacies installées au bord des routes continue de susciter incompréhension et inquiétude, tant chez les vendeurs que chez une partie des usagers.
En République centrafricaine, ces petites échoppes jouent depuis des années un rôle dans l’accès rapide aux médicaments, notamment dans les quartiers densément peuplés où les structures officielles sont rares, éloignées ou débordées.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Pour le ministère de la Santé, cependant, ces centres improvisés représentent un risque sanitaire majeur. Souvent tenues sans personnel qualifié, ces boutiques vendraient des produits de qualité douteuse, parfois inadaptés, voire dangereux. C’est ce qui a conduit les autorités à ordonner leur fermeture, au nom de la protection de la population.
Sur le terrain, les réactions sont vive. Vincent, vendeur à proximité de l’ex-Shalina au centre-ville, défend son activité :
« Nos produits sont bons. Si ailleurs certains vendent des médicaments périmés, ce n’est pas notre cas. Je ne trouve pas cette décision normale. »
Même incompréhension chez Didier, également vendeur :
« Ils n’ont donné aucune explication. Ils sont juste venus fermer les boutiques. Nous avons investi du temps et de l’argent, c’est ce commerce qui fait vivre nos familles. »
Les usagers, eux aussi, s’inquiètent des répercussions. Pour beaucoup, ces points de vente représentent une alternative accessible face aux longues files d’attente dans les hôpitaux et aux coûts élevés des pharmacies agréées.
« Nous n’avons pas toujours les moyens d’aller dans les grandes pharmacies. Ce matin, je suis allée à l’hôpital communautaire à 5 heures. C’était plein, et à la pédiatrie je n’ai même pas vu un médecin. Je suis venue ici pour sauver mon enfant », confie une mère rencontrée près d’un point de vente fermé.
Du côté des autorités, la ligne reste ferme. Junior Romuald Oueifio Nguerenam, pharmacien-commandant et responsable des activités pharmaceutiques en Centrafrique, estime que ces mini-pharmacies mettent gravement en danger la population :
« Elles violent la législation, pratiquent illégalement la pharmacie et parfois même la médecine. Nous avons constaté des injections et de petites interventions chirurgicales dans ces échoppes. C’est extrêmement dangereux. »
Malgré l’existence d’un cadre légal censé encadrer la distribution de médicaments et lutter contre les produits falsifiés, le secteur reste difficile à maîtriser. Les autorités disent vouloir assainir le marché et renforcer le contrôle des produits de santé, mais la mesure provoque déjà des tensions visibles entre réglementation sanitaire et réalité socio-économique.



