Plus de soixante conseillers municipaux se sont réunis mardi 16 juin 2026, pour élire le futur maire de Bangui.
C’est une élection qui retient particulièrement l’attention, car elle oppose principalement deux femmes aux profils marqués par l’entrepreneuriat et la gestion : Adrienne Portia Deya-Abazène et Prisca Roseline Mano.
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Cette confrontation inédite place la représentation féminine au centre de la gouvernance locale dans un contexte où les enjeux de modernisation urbaine et de gouvernance municipale occupent une place croissante dans le débat public.
Surnommée « DAP », Adrienne Portia Deya-Abazène est une figure connue de l’administration publique et du monde entrepreneurial. Inspectrice des Douanes, présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (FAFECA) et diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) du Cameroun, elle s’est construite une réputation autour de la gestion financière, du développement économique et de l’accompagnement des femmes entrepreneures.
Son parcours au sein de l’administration douanière, notamment à la Direction régionale n°1, ainsi que son engagement dans l’organisation du Salon de l’entrepreneuriat féminin (SANEF) lancé en 2024, constituent des éléments majeurs de son profil.
Pour convaincre les conseillers municipaux, sa candidature s’appuie sur un programme structuré autour de cinquante engagements. Parmi ses priorités annoncées figurent un audit financier complet de la mairie, le déploiement d’une plateforme numérique baptisée « BanguiPay » et une réforme de la police municipale durant ses cent premiers jours de mandat.
Face à elle, Prisca Roseline Mano, investie par le Mouvement Cœurs Unis (MCU), porte une vision axée sur la transformation urbaine et la modernisation des services publics locaux.
Diplômée en gestion des entreprises, elle dirige plusieurs structures opérant dans les secteurs des travaux modernes et du transit. Bien qu’elle fasse ses premiers pas sur le terrain politique, elle affiche une ambition claire : faire de Bangui une ville plus propre, plus sûre, plus attractive et mieux organisée.
Son projet municipal repose sur dix engagements prioritaires comprenant l’assainissement, la salubrité publique, l’amélioration des infrastructures routières urbaines, le renforcement de la mobilité et la numérisation des services municipaux.
Au-delà des programmes, cette élection se déroule dans un contexte politique particulier. Les équilibres au sein du collège électoral semblent favorables aux élus proches du pouvoir, majoritaires après les élections groupées du 28 décembre dernier. Une situation renforcée par le boycott du scrutin par une grande partie de l’opposition, à l’exception du parti de l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé.




