Entre crainte d’un vide sécuritaire et appel à une présence accrue des forces nationales, les habitants redoutent une résurgence de l’insécurité.
La base de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) à Dékoa a officiellement cessé ses activités au début de cette semaine. Si aucune communication détaillée n’a encore été faite sur les motivations précises de cette décision, celle-ci s’inscrit dans le contexte plus large de la reconfiguration progressive du dispositif onusien en République centrafricaine.
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Sur le terrain, l’annonce a provoqué une onde d’inquiétude. À Dékoa et dans ses environs, la présence des Casques bleus était perçue comme un facteur dissuasif face aux groupes armés et aux actes de banditisme. Pour de nombreux habitants, leur départ laisse planer le spectre d’un vide sécuritaire.
« Leur présence nous rassurait. Même si tout n’était pas parfait, on savait qu’en cas de menace, ils pouvaient intervenir », confie un habitant du centre-ville. Comme lui, plusieurs leaders communautaires appellent les autorités nationales à prendre des mesures rapides pour éviter toute dégradation de la situation.
La préfecture de la Kémo, bien que relativement plus stable ces derniers mois, reste marquée par des épisodes sporadiques d’insécurité. Les axes routiers, notamment ceux reliant Dékoa à d’autres localités, sont parfois exposés à des actes de coupeurs de route. Dans ce contexte, la présence des forces internationales contribuait à sécuriser les déplacements des civils et des acteurs humanitaires.
La fermeture de la base pose également la question de la continuité des actions de protection des civils, mission centrale de la Minusca. Des organisations locales craignent un ralentissement des activités humanitaires si la sécurité venait à se détériorer.
Face à ces inquiétudes, les habitants exhortent le gouvernement à renforcer la présence des Forces armées centrafricaines (FACA) et des forces de sécurité intérieure dans la région. Certains estiment que ce retrait pourrait constituer une opportunité pour les autorités nationales d’affirmer davantage leur souveraineté sécuritaire, à condition que les moyens humains et logistiques suivent.
« Nous avons besoin d’une présence visible et permanente des forces nationales pour maintenir la paix », souligne un responsable local.
Pour l’heure, aucune réaction officielle détaillée n’a été rendue publique concernant un éventuel redéploiement des forces nationales à Dékoa. En attendant, la population reste suspendue aux décisions des autorités, espérant que cette transition ne rime pas avec un retour de l’instabilité.




