L’ex-chef de l’État, François Bozizé pourrait être jugé par contumace, le mandat d’arrêt international lancé à son encontre n’ayant toujours pas été exécuté.
La Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé la clôture de l’instruction de l’Affaire dite « Bossembélé », impliquant l’ancien président centrafricain François Bozizé Yangouvonda. Dans un communiqué publié le 28 janvier, la CPS indique que le dossier est désormais renvoyé devant la section d’assises, ouvrant ainsi la voie à l’organisation prochaine d’audiences publiques. Cette étape marque une avancée majeure dans cette affaire emblématique de la lutte contre l’impunité en République centrafricaine.
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Outre François Bozizé, plusieurs de ses anciens lieutenants sont également mis en cause. Il s’agit notamment d’Eugène Barret Ngaïkoisset, de Vianney Semdiro et de Firmin Junior Danboy. Tous sont poursuivis pour des faits qualifiés de crimes contre l’humanité, commis à Bangui, Bouar et Bossembélé, ainsi qu’au centre d’instruction militaire, entre février 2009 et le 23 mars 2013.
Selon la CPS, François Bozizé est accusé d’avoir commis ou ordonné de multiples exactions, parmi lesquelles des emprisonnements arbitraires, des meurtres, des actes de torture, des traitements inhumains et dégradants, ainsi que des disparitions forcées de civils, notamment au sein de la maison d’arrêt et du centre d’instruction militaire.
Ses coaccusés sont, quant à eux, poursuivis pour des faits similaires, qui auraient été perpétrés dans les mêmes localités et durant la même période. Ces crimes auraient visé des populations civiles, en violation flagrante des droits humains et du droit international humanitaire.
Une interrogation majeure demeure toutefois : François Bozizé sera-t-il jugé conjointement avec ses anciens collaborateurs ou la Cour pénale spéciale procédera-t-elle à une disjonction de la procédure ? La question reste entière alors que l’ancien président, visé depuis 2024 par un mandat d’arrêt international, vit toujours en exil en Guinée-Bissau.
Les autorités de ce pays avaient, en effet, fait savoir qu’elles n’étaient pas disposées à remettre l’ancien dirigeant aux autorités judiciaires centrafricaines.




