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Nouvelles violences en Libye, réunion régionale jeudi à Alger

Des tirs de roquettes ont visé mercredi le secteur du seul aéroport fonctionnel de Tripoli, dans une nouvelle illustration de la fragilité de la trêve en Libye, à la veille d’une réunion à Alger des chefs de la diplomatie des pays voisins.

L’attaque qui a provoqué la suspension pendant quelques heures du trafic aérien à l’aéroport de Mitiga a été imputée aux forces du maréchal Khalifa Haftar par leurs rivales du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et basé dans la capitale libyenne Tripoli.

L’aéroport a été la cible de « six roquettes », a dit le porte-parole des forces du GNA, Mohamad Gnounou, en accusant « les milices du criminel de guerre Haftar », homme fort de l’est libyen, qui tente depuis avril 2019 de s’emparer du centre du pouvoir à Tripoli.

M. Gnounou a dénoncé une « nouvelle violation du cessez-le-feu », instauré le 12 janvier à l’initiative de la Russie, alliée de M. Haftar, et de la Turquie, soutien du GNA.

La cessation des hostilités aux portes de la capitale libyenne est globalement respectée mais les deux belligérants s’accusent mutuellement de la violer.

L’attaque contre l’aéroport a coïncidé avec l’annonce par Alger d’une réunion jeudi des chefs de la diplomatie de Tunisie, d’Egypte, du Soudan, du Tchad, du Niger, ainsi que du Mali, dans une nouvelle tentative de trouver un règlement politique en Libye, pays déchiré par le guerre civile.

Les ministres tenteront d’aider « les frères libyens à régler la crise loin de toute ingérence, quelle qu’en soit la nature », selon les autorités algériennes.

– Réunion interlibyenne à Genève –

Invité au sommet international qui a réuni dimanche à Berlin les principaux pays concernés par le conflit en Libye, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait proposé d’héberger un « dialogue » entre les parties libyennes.

Les participants à Berlin ont promis de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires intérieures libyennes.

Toutefois, les conséquences de cet engagement sur le terrain restent incertaines: les deux rivaux directs, Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, et Khalifa Haftar ont refusé de se rencontrer à Berlin.

Après la conférence, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé les parties libyennes à finaliser « dès que possible » un cessez-le-feu.

Le GNA a signé l’accord formel de cessez-le-feu entré en vigueur le 12 janvier, mais pas le maréchal Haftar.

Les deux camps rivaux se sont mis d’accord toutefois sur la formation d’une commission militaire chargée de définir sur le terrain les mécanismes de mise en oeuvre d’une trêve durable.

La commission devrait se réunir « dans quelques jours », selon l’ONU qui veut organiser une réunion interlibyenne fin janvier à Genève.

– Bloquer le pétrole –

Mais dans un exemple d’escalade, les forces du maréchal Khalifa Haftar maintiennent depuis samedi le blocage des plus importantes installations pétrolières du pays.

En conséquence, les exportations ont été suspendues dans les ports du « croissant pétrolier », poumon de l’économie libyenne, entraînant l’arrêt de la production sur d’importants champs.

Les opérations pétrolières risquent ainsi d’être quasiment totalement paralysées: la Compagnie nationale de pétrole a mis en garde contre la perte de la quasi-totalité de la production. Celle-ci était récemment estimée à 1,3 million de barils par jour.

La délégation de l’Union européenne en Libye, basée à Tunis, s’est jointe à l’appel à la reprise immédiate des opérations pétrolières en Libye, lancé mardi par les Etats-unis.

L’arrêt des exportations d’or noir, qui représentent quasiment l’unique source de revenus du pays, est décrite par les proHaftar comme une mesure de protestation contre l’appui turc au GNA.

La Turquie a déployé des soldats en soutien au GNA, et la Russie malgré ses démentis, a dépêché des mercenaires en Libye. M. Haftar est également soutenu par l’Egypte et les Emirats arabes unis alors que la France est accusée de l’appuyer.

A Davos en Suisse, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a estimé que Khalifa Haftar était le « seul obstacle » à un processus de paix. « Certaines parties, comme nous, n’ont soutenu que Sarraj. Malheureusement la France et d’autres Européens ont soutenu Haftar. Et malheureusement Haftar ne veut pas partager le pouvoir. »




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