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La ZLECAF, une opportunité pour les pays du Maghreb d’accélérer leur transformation structurelle (ministre mauritanien)

La Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF) est une opportunité à saisir par les pays du Maghreb pour diversifier leurs économies, accélérer leur transformation structurelle et générer des emplois, a estimé, lundi à Rabat, le ministre mauritanien du Commerce et du tourisme, Sid’Ahmed Mahmoud.Le ministre mauritanien, qui s’exprimait à l’ouverture d’un séminaire régional sur l’impact potentiel de la ZLECAF sur les économies maghrébines, a mis en avant le rôle clé que joue les Communautés Économiques Régionales (CER) dans la mise en œuvre de la zone de libre échange continentale, soulignant l’importance de ratifier cet accord et en faire un pilier de la stratégie nationale de développement économique.

Il a, à cet égard, affirmé que l’Afrique du Nord jouit d’une position géostratégique clé qui lui impose de jouer le rôle de passerelle au sein des chaînes de valeurs industrielles mondiales.

L’Union du Maghreb Arabe (UMA) est plus que jamais appelée à mener les différentes phases de négociations nécessaires pour valoriser et catalyser les opportunités qui s’offrent aujourd’hui à l’Afrique du Nord, a relevé le ministre, notant que parmi les secteurs porteurs d’opportunités de synergies au Maghreb figurent l’agriculture, l’automobile, le textile, le matériel électrique, l’aéronautique, l’électrique, les services du marketing et de la vente, du transport et de la distribution.

Pour sa part, le Commissaire au commerce et à l’industrie de la Commission de l’Union Africaine, Albert Muchanga, a indiqué qu l’Afrique prend ses responsabilités pour son développement, faisant remarquer que l’UMA est bien positionnée pour devenir un hub commercial solide entre l’Afrique et le reste du monde.

De son côté, la directrice du Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Lilia Hachem Naas, a relevé que l’intégration maghrébine constitue un jalon essentiel du processus d’intégration continentale qui présente d’énormes opportunités en termes de croissance et d’emploi.

Elle a estimé que l’intégration maghrébine offre la possibilité de mieux tirer profit des atouts économiques et géostratégiques dont dispose la sous-région, au carrefour entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

« L’étude de la CEA (2017) portant sur l’industrialisation grâce au commerce en Afrique du Nord montre que la mise en place de mesures de facilitation des échanges, en plus de la ZLECAF, aurait un impact particulièrement positif sur le commerce intra-régional », a t-elle souligné, notant que l’augmentation des échanges commerciaux intra-nord-africains de produits industriels manufacturés, est évaluée autour de 70%.

Elle a affirmé à ce propos qu’une intégration maghrébine renforcée dans ses différentes dimensions (mobilité des facteurs, coordination des politiques sectorielles, harmonisation des cadres normatifs, programmes et projets conjoints), renforcerait les pouvoirs de négociation des Etats de la région, et permettrait le développement du commerce et des investissements, la réalisation d’économies d’échelle par l’accroissement de la taille des marchés.

La ZLECAF, a t-elle dit, constitue un processus central pour réaliser les sept aspirations de l’Agenda 2063 et la vision africaine de développement pour les cinq prochaines décennies, soulignant que ce séminaire se propose donc de donner un large écho à l’ensemble des efforts qui visent une accélération de l’intégration et augmenter le commerce entre les pays d’Afrique du Nord d’une part mais aussi et surtout entre l’Afrique du Nord et le reste du continent.

Quant au secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Taïeb Baccouche, il a mis en avant l’impact positif majeur de la ZLECAF sur les économiques maghrébines, notant que celle-ci permettra de générer des emplois et contribuera ainsi à la croissance économique en Afrique.

Il a, dans ce sens, estimé que les avantages de la mise en application de l’accord portant création de la ZLECA sont très nombreux, faisant observer que celui-ci constituera « une source de richesse » pour l’ensemble des pays africains notamment aux niveaux économique et social.

Initiée conjointement par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA), cette rencontre vise à promouvoir l’intégration économique africaine au niveau régional et continental par une meilleure implication des acteurs clés d’Afrique du Nord, et à encourager les économies maghrébines à renforcer leur positionnement dans le processus de construction du marché unique africain.

Ce séminaire régional de deux jours offre l’occasion aux représentants des pays membres de l’UMA (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), négociateurs en chef de la ZLECAF, représentants du secteur financier et du secteur privé, experts et observateurs de partager leurs analyses sur la ZLECA, leur compréhension des défis et des opportunités qu’elle renferme et ses implications pour le développement économique et la croissance. Ils procéderont par ailleurs à un examen approfondi de leurs politiques d’intégration régionale et continentale en vue de faciliter la formulation de nouvelles stratégies plus intégrées et mieux coordonnées.

Entrée formellement en vigueur le 30 mai 2019, la ZLECA vise à réduire les barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce, à encourager l’ouverture des marchés et la facilitation du commerce, et à harmoniser les règles de commerce à travers le continent africain.

Selon les économistes, la ZLECAF constitue la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), couvrant un marché potentiel de 1,2 milliard de consommateurs pour un produit intérieur brut (PIB) cumulé de plus de 2.500 milliards de dollars.




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