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Espagne: cinq choses à savoir sur les élections

Troubles en Catalogne, exhumation de Franco, montée de l’extrême droite, fragmentation du parlement et instabilité politique: voici cinq choses à savoir sur les législatives de dimanche en Espagne, les quatrièmes en quatre ans.

. Catalogne

Après des années de mobilisations indépendantistes pacifiques, un tournant a eu lieu dans cette région du nord-est de l’Espagne avec les violences ayant suivi la condamnation le 14 octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Le sujet est devenu central dans la campagne, la droite pressant le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez de suspendre la large autonomie de la région ou de destituer son président séparatiste. Refusant de prendre de telles mesures exceptionnelles, M. Sanchez n’en a pas moins durci le ton contre les indépendantistes.

. Montée de Vox

Selon les sondages, cette crise en Catalogne aurait un bénéficiaire: le parti d’extrême droite Vox.

Cette formation ultranationaliste et anti-immgration, qui a fait ressurgir l’extrême droite dans un pays où elle était marginale depuis la mort du dictateur Franco en 1975, est entrée en force au Parlement en avril avec 24 députés sur 350. Et les enquêtes lui prédisent un score bien meilleur dimanche, où elle pourrait devenir la troisième force politique du pays.

Le soutien de ce parti a déjà permis au Parti Populaire (droite) et aux libéraux de Ciudadanos de gouverner les régions d’Andalousie (sud), de Madrid et de Murcie (est) ainsi que la mairie de la capitale espagnole.

. Franco

Retardée plus d’un an en raison de la bataille judiciaire menée par ses descendants, l’exhumation du dictateur Franco de son mausolée du Valle de los Caidos, près de Madrid, pour le transférer dans un caveau familial discret, a eu lieu à moins de trois semaines des élections.

Accusé par ses rivaux d’en faire un argument électoral, Pedro Sanchez, qui a souligné le caractère historique du transfert de la dépouille du dictateur ayant dirigé l’Espagne de 1939 à 1975, espérait, selon les observateurs, un effet mobilisateur sur les électeurs de gauche.

Mais « cela n’aura pas l’effet escompté par le gouvernement », juge le politologue Fernando Vallespin.

. Fragmentation

Le parlement espagnol est très fragmenté depuis que le bipartisme (PP-Parti socialiste) a volé en éclats en 2015 avec l’irruption de Ciudadanos et de la gauche radicale de Podemos, et que Vox y a fait son entrée en avril dernier. Et la situation devrait encore s’accentuer dimanche avec la candidature de Mas Pais, formation créée par l’ancien numéro deux de Podemos Inigo Errejon, et celle du parti indépendantiste catalan d’extrême gauche CUP.

. Instabilité

Cette fragmentation laisse augurer d’une poursuite de l’instabilité politique.

Pedro Sanchez, donné en tête par les sondages, avait déjà remporté le scrutin en avril mais sans majorité absolue. Faute d’accord avec Podemos, il n’avait pu être reconduit au pouvoir, ce qui a contraint le pays à retourner aux urnes.

Cette fois, selon les sondages, ni le bloc de gauche (PSOE, Podemos, Mas Pais), ni celui de droite (Ciudadanos, PP, Vox) ne semblent non plus en mesure d’atteindre la majorité absolue.

Les séparatistes catalans, qui ont soutenu l’arrivée au pouvoir de M. Sanchez l’an dernier, sont eux crédités au total de plus de 20 sièges mais les socialistes ne veulent pas de leur soutien.

La solution de la dernière chance pourrait venir d’une abstention du PP lors d’un vote d’investiture de M. Sanchez pour lui permettre de gouverner en minorité. Selon Fernando Vallespin, le PSOE « doit arriver à un accord avec le PP, quel qu’il soit ».




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