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Budget 2020, gouvernance et politique en vitrine dans la presse camerounaise

La présentation, en fin de semaine dernière au Parlement, du projet de Loi de finances 2020 inspire les commentaires des journaux camerounais parus lundi, en même temps qu’ils s’intéressent à la résiliation par le gouvernement d’un marché de complexe sportif à une entreprise italienne, sans oublier la controverse qui enfle autour du scrutin législatif et municipal du 9 février.Le budget de l’État pour le compte de l’exercice 2020, annonce Cameroon Tribune, Défis Actuels, Insider, L’Épervier, L’Indépendant et The Guardian Post, s’équilibre en recettes et en dépenses à 4951,7 milliards FCfa, en baisse, insiste Émergence, de 260,3 milliards FCfa par rapport à l’exercice finissant. C’est un dégraissage budgétaire de 5% qui est en vue, admet The Horizon etMutations.

Il s’agit d’un budget de crise, constatent L’Essentiel et The Post, résultante de chocs internes et externes auxquels le Cameroun fait face depuis près de 5 ans. C’est la première fois, en plus d’une décennie, que l’État du Cameroun doit se résoudre à faire contre mauvaise fortune bon cœur, soupire EcoMatin.

 Avec des ambitions de croissance pour l’année 2020 estimées à 4%, le gouvernement, temporise Repères, vise une reprise de la croissance dans le secteur pétrolier, une meilleure offre en énergie électrique et une bonne tenue du secteur des bâtiments et travaux publics.

 En termes de priorités, expliquent Eden, Essingan, Le Financier d’Afrique et Le Quotidien de l’Économie, les pouvoirs publics entendent procéder à la reconstruction de la Société nationale de raffinage (Sonara), victime d’un grave incendie en fin mai 2019, densifier le processus de décentralisation, opérationnaliser le statut spécial des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, accélérer les travaux d’infrastructures du Championnat d’Afrique de football (CHAN) 2020 et de la Coupe continentale de la même discipline (CAN) 2021,.

 Mais ça bloque, justement, au niveau du Grand stade de la capitale, Yaoundé-Olembé où le ministre des Sports (Minsep), Narcisse Mouelle Kombi, s’exclament Cameroon Tribune et Le Jour, vient de résilier le contrat de construction attribué à l’italien Piccini. Le chantier, croit savoir Défis Actuels sur la base de plaintes du constructeur se disant victime d’un tacle irrégulier, est coincé entre accusations, démentis et contre-vérités.

 C’est le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui a en réalité décidé de cette spectaculaire rupture de contrat, corrige L’Indépendant. C’est le même homme, s’emporte Aurore Plus, qui fut au cœur du fiasco des chantiers de la CAN initialement prévue en 2019 au Cameroun, finalement renvoyée à 2021.

 «Ngoh Ngoh joue avec le feu», titre La Météo, notant que Piccini, qui crie à la mauvaise foi, a donné 72 heures au pouvoir pour être réhabilitée sous peine de poursuites judiciaires. Cette résiliation, craint Le Messager, ouvre la porte à un conflit diplomatique avec l’Italie aux conséquences désastreuses pour le Cameroun.

 «Faisant suite au communiqué du Minsep, par le même canal, Piccini, appuie Mutations, a affirmé que la décision du ministre intervient alors même que les travaux se poursuivent sur le site pour respecter les engagements mutuels pris en octobre 2019 à l’issue des réunions dans le cabinet du ministre au cours desquelles le ministre s’est engagé en contrepartie, pour un accompagnement financier avec paiement des décomptes en urgence.»

 Sous pression de la Confédération africaine de football (CAF), le Cameroun change de constructeur à Olembé, renchérit Repères, indiquant que Yaoundé vient de confier l’achèvement du chantier à l’entreprise canadienne Magil. « Au demeurant, au même titre que l’entreprise Piccini avait été présentée hier à l’opinion nationale, aujourd’hui une autre entreprise internationale possède ‘’l’expertise et l’expérience avérées, ayant fait des preuves en matière de construction d’infrastructures sportives au Cameroun », moque L’Essentiel. Pourvu que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dans cette récurrente mauvaise conduite des travaux de construction de certains ouvrages au Cameroun.»

 La dernière publication citée réserve toutefois sa principale manchette au boycott annoncé, par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), des élections législatives et municipales du 9 février 2020. Elle subodore que le leader de ladite formation, Maurice Kamto, qui se dit par ailleurs vainqueur de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, refuse en fait de sauter la barre afin d’apporter la preuve de son assise réelle revendiquée.

 Il s’agit, affirment La Nouvelle et L’Indépendant, d’une posture sur fond de planification d’un projet insurrectionnel, une stratégie ayant reçu la caution de grandes puissances. «Opposition : il était une fois Maurice Kamto», s’amuse Avenir, prédisant déjà la fin d’un homme politique qui vient de se tirer une balle dans le pied.

 Le gouvernement panique, affirme Eden, face aux appels de plusieurs partis de l’opposition au boycott du double scrutin. Mais pourquoi ces formations s’agitent-elles tant ? s’interroge lourdement La Veuve, invoquant un chantage abject contre le pouvoir de Yaoundé à qui ils exigent notamment la réforme du Code électoral et le retour à la paix dans les régions anglophones sous crise sécessionniste.

 « Législatives et municipales 2020 : le Rdpc, seul contre… lui-même», tacle Aurore Plus : isolé localement, boudé par la communauté internationale, le régime Biya, sous le couvert du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, s’apprête à organiser une mascarade électorale qui risque de l’enfoncer davantage.

 




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