Bon plan

A la découverte du Papilio antimachus

En Centrafrique, une équipe de 15 personnes menées par l’entomologiste Philippe Annoyer partent ce mercredi pour la Lobaye, dans le sud-ouest du pays, pour étudier le plus grand papillon de jour d’Afrique. Présent dans tout le bassin du Congo, Papilio antimachus, qui peut atteindre jusqu’à 25 cm d’envergure, est encore très peu documenté.

Ce sont les derniers préparatifs avant que l’équipe s’enfonce dans la forêt pendant près d’un mois. « L’objectif de cette mission est de trouver la chenille de papillon Papilio antimachus, explique Philippe Annoyer, entomologiste et chef de file de l’expédition. C’est un papillon qui a été décrit en 1782. C’est le mâle d’abord qui a été trouvé, la femelle a été découverte 100 ans plus tard. Le but, là, c’est de pouvoir découvrir ce qu’on appelle les premiers stades de ce papillon : l’œuf, la chenille et la chrysalide sont encore actuellement inconnus. Tout son comportement biologique n’est pas encore connu à l’heure actuelle. »

Trouver cette chenille ne va pas être chose aisée car le papillon vole à la cime des arbres, à 50 mètres du sol. Il va donc falloir grimper pour espérer l’observer, et trouver ses chenilles. « Le défi pour moi en tant que grimpeur en forêt tropicale, c’est la dimension des arbres, explique Matias Loubes, responsable logistique et accès à la canopée. C’est des arbres qui sont hors norme, les conditions de grimpe aussi : l’humidité, la chaleur, l’environnement qui peut être oppressant… C’est un défi psychologique, mental mais aussi physique, parce qu’on doit fournir énormément d’efforts pour pouvoir arriver à la cime de ces grands arbres. Mais au fil du temps, on a réussi à développer des techniques particulières, des outils particuliers qui permettent de gagner beaucoup de temps. Avant, on mettait 2h30 pour arriver à la cime d’un grand arbre. Et quand je dis un grand arbre, c’est un arbre qui mesure 60, 70, 75, 80 mètres de haut. Là maintenant, en un quart d’heure, une demi-heure, on a une corde installée dans un arbre prête à être utilisée pour grimper. »

Surnommé le « grand rouge », Papilio antimachus subit la déforestation ainsi que la chasse que lui font les collectionneurs et voyageurs. L’équipe espère, à travers leurs découvertes, mieux protéger ce papillon. Il est notamment classé par l’International Union for Conservation of Nature comme « deficient data » ; l’équipe voudrait le voir classé dans les « vulnérables », ce qui permettrait une protection plus élargie.

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