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Ouverture vers Cuba: une promesse d’Obama, un symbole pour sa fin de mandat

Barack Obama est à La Havane pour un voyage qui marquera l’Histoire, après plus de 50 ans d’embargo américain sur l’île voisine

 

C’est sous des trombes d’eau que Barack Obama est arrivé à La Havane ce dimanche, mais les Cubains disent que c’est de bon augure. Et le président américain a bien besoin de ce présage car les enjeux sont importants en termes de politique intérieure américaine: c’est un voyage qu’il accomplit contre sa majorité républicaine au Congrès, contre les candidats conservateurs unanimes, qui ont promis de revenir sur cette ouverture avec Cuba s’ils sont élus en 2016.

Et ce, même si les opérateurs économiques n’y croient pas. Tous les hommes d’affaires rencontrés estiment que le rapprochement avec Cuba, après 50 ans d’un embargo très dur et inefficace, est irréversible.

A Miami en Floride, plusieurs compagnies de ferries ont par exemple reçu l’autorisation de rétablir les liaisons avec la Havane. Les négociations avec les Cubains ont beaucoup avancé, restent les infrastructures à terminer. Daniel Berrebi est le président de la compagnie Baja Ferries, il a obtenu la licence n°1 et pour lui, les mentalités ont changé: [i "Il y a quatre ou cinq ans, on a décidé de sortir et de mettre un autocollant sur toutes les voitures qui acceptaient, disant "ferry ici". On s’est dit: on va voir combien de voitures vont être cassées. Et non, pas de tout. Les gens nous arrêtaient: "Ah bon il y a le ferry, mais quand est-ce qu’il commence? C’est fantastique." Et petit à petit, on a senti cet effort monter et c’est vrai qu’il n’y a pas un jour où on n’a pas un appel de gens qui [veulent] savoir quand est-ce que le ferry commence."]

 


© AFP PHOTO/ Yuri CORTEZ
L'appui de l'opinion

En effet, dans la communauté cubaine, on est majoritairement favorable à cette ouverture. Le dernier sondage de l’université de Floride montre que 75% des Cubains américains se prononcent en faveur du rapprochement avec La Havane. C’est la démographie qui parle : les jeunes d’origine cubaine sont nés après le début de l’embargo et ils ne comprennent pas cette situation. Ils se rangent du côté de l’ouverture et l’on peut dire que le président des Etats-Unis a l’opinion avec lui.

Mais c’est une promesse que Barack Obama a bien failli ne pas pouvoir tenir. Les négociations avaient avancé en 2009, mais Alan Gross, cet ancien agent de l’USAID, l'Agence américaine pour le développement international, a été emprisonné par les Cubains pour espionnage, et il a fallu tout recommencer à zéro.

Ce rapprochement avec Cuba est un symbole, un concentré de sa philosophie de politique étrangère. C’est le multilatéralisme et la négociation avant tout. Ce n’est pas un coup de tête mais l’aboutissement d’une réflexion.

Barack Obama souhaitait rester dans l’Histoire comme le président qui en a fini avec une politique qu’il juge absurde. Il souhaitait laisser l’image du premier président américain sur le sol cubain, c’est fait. Et les critiques des républicains - pas de tous d’ailleurs- ne l’ont pas du tout déstabilisé…


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