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La cinéaste centrafricaine Habi Touré justifie «Aimer malgré lui»

Son projet de film vient de voir le jour avec sa diffusion au Cinéma le Club à Bangui

 

La jeune dame d’allure simple a toujours voulu être une actrice. Alors elle a quitté son beau pays la Centrafrique. Elle a déposé ses bagages en France pour faire des études et en a profité pour rentrer dans une école de cinéma. Il y a de cela sept ans que son amour du cinéma grandit en elle au point où il y a une année qu’elle a véritablement décidé de s’intéresser à la culture de son pays. «Je suis Centrafricaine, j’ai été en Europe faire l’école de cinéma; je viens mettre mes connaissances au service de mon pays et former les acteurs pour que l’on puisse réaliser un film pour le monde». Confie –t-elle. Alors l’idée de réaliser ce projet est né. L’histoire repose sur l’égoïsme d’un père qui ne voulait d’un deuxième enfant et d’une mère indépendante. «Aimer malgré lui» est l'histoire d’un fonctionnaire au service de l’Etat affecté dans l'arrière pays où il a après concubinage eu une petite fille. De retour à Bangui, il n'en dira pas un seul mot à sa famille. Un jour, son fils tombe amoureux d'une fille. En enquêtant sur l’origine de cette dernière, on se rend compte qu’elle était bel et bien l’enfant adultérin du fonctionnaire, explique-t-elle. La réalisatrice prétend ainsi parvenir dans la mesure des ses possibilités à «faire découvrir la richesse culturelle et artistique de la République Centrafricaine et encourager les jeunes artistes centrafricains à s’intéresser au cinéma». Sa motivation est d’arriver à la réalisation de la première série télé centrafricaine, car «il y a seulement un long métrage centrafricain, il n’y a pas de série télé» a-t-elle constaté.

 


© journaldebangui.com
La jeune cinéaste centrafricaine
Avec témérité la jeune dame a obtenu qu’une séquence de la série de 12 épisodes puisse être diffusée sur la télévision centrafricaine et sur plusieurs chaines: à Paris, au Cameroun, à Kinshasa et trois heures sur canal Sud ainsi qu’à Brazzaville. Le court métrage a été réalisé avec les acteurs venus de Paris et d’autres sur place à Bangui. Ils sont dans la tranche d’âge allant de 20 à 25 ans. Avec franchise elle a souligné que ce film a été tourné pendant deux mois à Bangui dont un mois de formation des acteurs centrafricains sur le film. Pour ses modestes capacités la jeune entrepreneuse avait alors demandé au gouvernement et aux sociétés de la place un soutien financier et matériel pouvant l’aider à finaliser le projet. C’est désormais chose faite, même si les difficultés existent toujours. Elle a néanmoins présenté officiellement le produit cinématographique en janvier 2011 aux élus de la nation. La population banguissoise a pu se délecter du court métrage diffusé au Cinéma Le Cbub à Bangui. Désormais, la cinéaste se dit préoccuper par la réalisation de la deuxième saison qu’il faut mettre en route et dont la sortie est annoncée pour fin 2011. Elle n’a pas manqué de relancer cet appel à l’endroit des sociétés exerçant en République Centrafricaine de la soutenir matériellement et moralement dans la réalisation de ce projet. Le ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture Aurélien Simplice Zingas, a déjà réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir ce projet.

 



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