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Haro Nafissatou, une peuhle Mbororo visant l’enseignement supérieur

«Je rivaliserai avec les hommes après mes études supérieures bien que ce soit une entreprise difficile»

 

Haro Nafissatou, peulh, (Mbororo), élève en classe de Terminale D, à l’école Centrafricain-Turque, donne une approche des femmes peuhles, sur la célébration de cette journée. Elle exhorte les femmes de sa communauté à sortir de leur ghetto pour faire valoir leur droit auprès des autres Centrafricaines.

Que pensez-vous de la journée internationale de la femme qui sera célébrée très bientôt en Centrafrique?
La journée internationale de la femme est une occasion pour les femmes d’échanger les idées entre elles. C’est aussi l’occasion pour la femme de prendre conscience de son devenir, dans la dignité, afin de participer à l’édification de son pays. C’est la raison pour laquelle, il est important que toute la communauté concourt à l’instruction de la femme pour que notre communauté ait des femmes disposant d’une capacité intellectuelle soutenue. L’instruction peut aider les femmes à réussir dans toute leur entreprise. Avec les temps qui courent, il y a lieu de scolariser les petites filles, car on a coutume de dire qu’éduquer une femme c’est éduquer toute une nation. La fille qui est scolarisée aujourd’hui est en mesure de changer les vieilles habitudes d’hier.

 


© journaldebangui.com
Haro Nafissatou, une jeune peuhle Mbororo
Quelle est votre lecture de l’approche du concept genre en Centrafrique?
Par le passé, les hommes croyaient qu’ils sont plus intelligents que la femme. Certains vont jusqu’à considérer que seuls les hommes sont capables de tout. En vérité, c’est une fausse considération. Une femme bien instruite et bien éduquée a les mêmes valeurs sociales et intellectuelles qu’un homme. Je dirais même, sans préjugés, que certaines femmes peuvent mieux faire que les hommes. Je prends mon cas. J’ai étudié dans un établissement où garçons et filles sont ensembles. J’ai été mis devant le fait accompli. Toutes les filles ne sont pas au dernier rang comme le prétendent certains. C’est dire que le genre a sa raison d’être car les hommes et les femmes sont sur les mêmes pieds d’égalité. Il est vrai, aujourd’hui, je suis encore élève. Mais dans ma tête, après mes études supérieures, je serais appelée à rivaliser avec les hommes en ce qui concerne les postes de responsabilité. Les autres femmes devraient avoir la même ambition que moi.

Croyez-vous que les femmes peuhles sont-elles marginalisées ?
Ce sont elles qui ne veulent pas s’intéresser aux activités de la vie nationale. Certaines pesanteurs sociologiques et anthropologiques constituent une barrière. C’est pourquoi j’exhorte les pouvoir publics, les communautés et surtout les femmes peuhles à agir et à se comporter comme les autres. A mon avis, les femmes peuhles sont des femmes comme les autres. Et à ce titre, elles ont leur raison d’être et leur importance.

Quel appel formulez-vous à l’endroit des femmes peulhs à l’occasion de la journée du 8 mars?
Ma joie est que la communauté centrafricaine, notamment les pouvoirs publics, accordent une importance et une place aux femmes, sans considération. Mon message s’adresse donc aux femmes qui doivent jouir de leur liberté dans tous les domaines. Cela est un impératif!

 



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