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Présidentielle: des alliances se forment

Les Centrafricains attendaient lundi des résultats du second tour de la présidentielle tenue la veille pour connaître le nom de leur nouveau président

 

"Plus qu'un accord électoral, il s'agit d'un engagement politique", a précisé à l'AFP Clément Be-Boudet N'bamba, secrétaire général adjoint et porte-parole du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti de Kolingba. D'après les résultats encore provisoires, le candidat indépendant Faustin Archange Touadera devance son adversaire Anicet Georges Dologuélé. "Ousmane Ndéné Ndiaye, le chef de la délégation d'observateurs déployés par l'Union africaine, a estimé dimanche soir que "du point de vue l'organisation, le pari a été gagné".

En province également, où les opérations se poursuivaient sans incident majeur, les électeurs se présentaient au compte-gouttes à Obo (nord-est), Bambari (est) ou Berberati (sud). Dans l'ensemble du pays, les centres de vote n'ont toutefois pas connu l'affluence du premier tour où de longues files d'attente s'étaient formées. Le retour de la sécurité et la relance de l'économie seront les priorités du vainqueur pour relever le pays, l'un des plus pauvres du monde, ravagé par des années de troubles.

Le renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, avait précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes, à Bangui et en province. Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, se sont massivement inscrits sur les listes électorales.

 


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L'opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, puis la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme. La Minusca, forte de 10.000 hommes, appuyée par les forces de Sangaris, reste mobilisée pour assurer la sécurité du vote et apporter une aide logistique. Faustin Archange Touadéra, le challenger de Dologuélé, a pour sa part obtenu un soutien de poids de la part du parti Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et son leader Martin Zinguélé arrivé 4ème à la présidentielle du 30 décembre dernier.

M. Dologuélé avait remporté 23,78% des voix. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il avait attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti. Le premier tour des législatives, qui s'était déroulé aussi le 30 décembre, a été annulé pour de nombreuses irrégularités par la Cour constitutionnelle. Pour éviter un nouveau fiasco, l'ANE a notamment remplacé plusieurs centaines d'agents dits "défaillants" par des enseignants, des cadres de la fonction publique ou des retraités.


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