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Virginie Baikoua, la fonctionnaire territoriale veut rompre avec les habitudes

Le 8 mars níest pas une fête des mères bis!!

 

Quel est le constat qui vous a motivé à organiser la 1ière rencontre des femmes centrafricaines pour líégalité et le développement?

Il y a deux ou trois ans, j'ai été fortement interpellée à Bangui (Centrafrique) par la célébration de la Journée internationale de la femme du 8 mars. Alors qu'ailleurs sur le Continent africain, en Asie, en Europe, etc. cette Journée dédiée à la Femme par les Nations unies est souvent célébrée avec fastes et des contenus sérieux, notamment des moments de rencontres et d'échanges sur des thèmes qui posent de réels questionnements sur la place et le rôle de la femme au sein de la société; il se trouve que tel n'était le cas en Centrafrique.

Pourquoi une telle idée?
Mon étonnement était d'autant fort qu'en France où je réside, habituellement lors de la Journée du 8 mars, les associations organisent plusieurs manifestations en collaboration avec les collectivités territoriales et les services de l'Etat. Par exemple des conférences-débats sont organisées autour de la thématique des femmes actives sur le plan social, culturel et professionnel ainsi que sur les difficultés que rencontrent au quotidien des femmes au foyer ou encore celles qui élèvent seules leurs enfants avec des revenus modestes. Et, lors de ces manifestations, on fait souvent intervenir des femmes d'origine sociale et d'horizons professionnels divers. Lesquelles parlent de leurs expériences à d'autres femmes mais aussi aux hommes afin d'encourager ou d'inciter les uns et les autres à prendre conscience de la nécessité de se battre pour l'égalité des droits, le progrès social entre les genres. Or, dans notre pays, le Centrafrique, il semble que les choses se font comme si la Journée du 8 mars est une simple occasion de faire la fête.

Au fond pour vous cela représente quelque chose de spécial alors?
Aussi, jíavais líimpression que cette Journée du 8 mars qui devrait permettre à la femme centrafricaine de se pencher sur le rôle quíelle joue dans la société, les difficultés auxquelles elle s'affronte au quotidien, etc. est curieusement célébrée comme une deuxième fête des mères où l'on se limite à percevoir la femme que sous l'angle de la procréatrice, la maman décorée, la maman au foyer. C'est donc au vu de ces constats que jíai eu un déclic et je me suis dit qu'il fallait agir. Donc, au lieu de se contenter d'établir des constats, de s'adonner aux critiques et de se croiser les bras, j'ai décidé de proposer pour la Journée internationale de la femme du 8 mars 2010, la 1ère Rencontre des femmes centrafricaines pour l'égalité et le développement.

 


© lindependant-cf.com
La Présidente de SOLISIDAC Virginie Baikoua
Est-elle liée à un objectif spécifique, les OMD par exemples?
L'un des objectifs de ce projet est de partir de la problématique de la femme pour aborder des questions plus larges, par exemple la question de l'égalité des genres dans la société centrafricaine du 21ème siècle ou celle de la place des femmes dans les institutions de la République. Il s'agit de s'inscrire dans une perspective d'information et de formation du plus grand nombre sur des sujets importants pour le développement harmonieux du pays. Ce qui, à mon sens, est bien en cohérence avec les objectifs du millénaire pour le développement.

Il est difficile de réussir une telle manifestation sans avoir le nerf de la guerre, líargent. Peut-on avoir une idée sur le budget prévisionnel? Citez-nous les autres partenaires qui vous accompagnent dans cette aventureÖ
Comme vous le dites si bien, le nerf de la guerre c'est l'argent! Mais, au delà de cet aspect aussi important soit-il, il y a d'abord la volonté des porteurs de ce projet à aller au bout de cette initiative. Donc, les apports multiformes des femmes et des hommes rassemblés autour de ce projet est très important et je tiens avant tout à le souligner. Ainsi, participent actuellement à la préparation de la 1ère Rencontre des femmes centrafricaines pour l'égalité et le développement des associations qui ont organisé en 2009, les festivités marquant le cinquantenaire de la République Centrafricaine à Paris (France) ainsi que díautres structures qui nous ont rejoint sur ce projet. Il síagit de: «Passe-moi le relais» díArmande Malepa, «Manasse» de Maguy Barthaburu, «Sdednos» díAlphonse Goeth, «Projetude» de Brice Goddot «Parfum díAfrique France» de Marie Christine Kenguela, «Drafa» de Marie Annick Service et «Da Ti Seni» díAlbertine Pabingui. Enfin, le Budget prévisionnel de la Rencontre étaitde l'ordre de 20 000 Ä.

Un dernier motÖ
Je tiens à souligner que les femmes de la Diaspora qui portent ce projet ne partent pas au pays en donneur de leçons. Notre but est de permettre une rencontre et un dialogue entre nos súurs qui vivent au pays et nous autres de l'étranger. Notre souhait est donc qu'à terme puisse émerger un lien dynamique autour de la commémoration chaque année d'une Journée de la Femme du 8 mars plus pertinente et enrichissante en Centrafrique. Je voudrais aussi remercier toutes les personnes, les responsables d'associations ainsi que les partenaires institutionnels qui m'ont fait confiance en acceptant de s'impliquer dans la réalisation de ce projet. Je suis consciente du travail qui nous reste à faire mais quand je pense à líimpact quíil pourra avoir sur les liens à développer entre les centrafricaines de l'intérieur et celles résidant à l'étranger, je níai pas envie de baisser les bras. Comme le dit l'adage: «líunion fait la force» alors jíy crois. Enfin, je lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté de se joindre à nous

 



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