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Procès Gbagbo devant la CPI: la stratégie de l'accusation

L'objectif de la procureure Fatou Bensouda semble consister à prouver que l'ancien président ivoirien et son bras droit avaient un plan, qui a conduit à la crise post-électorale de 2010-2011

 

10 000 pièces à conviction, des centaines d'heures de vidéos, 138 témoins. Dans le procès conjoint de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l'accusation ne lésine pas sur les moyens. Et en dépit des critiques, il apparaît que son argumentaire s'est structuré ces derniers mois. Preuves à l'appui, l'accusation compte bien démontrer l'existence d'un plan commun destiné à maintenir le président d'alors au pouvoir. Un plan élaboré bien avant la crise post-électorale, de longue date, puis finalement exécuté au moment jugé opportun.

 


© Reuters
A l'appui de cette thèse, l'accusation va chercher à prouver qu'avant même les violences, Laurent Gbagbo avait placé des proches aux postes-clés des forces de défense et de sécurité, et minutieusement mis en place une sorte d'organisation parallèle composée notamment de mercenaires et de groupes de jeunes. Ces jeunes, les co-accusés auraient contribué à les armer, à les former et à les financer. Ils étaient par ailleurs galvanisés à coups de discours haineux.

Parmi les pièces du dossier, il y a des documents saisis dans la résidence de Laurent Gbagbo au moment de sa chute, mais aussi plusieurs témoins de l'intérieur qui pourront, assure l'accusation, témoigner de la manière dont le plan commun a été sciemment exécuté. Le procès de l'ex-chef d'Etat et de son ancien bras droit reprendra lundi. Ce sera alors au tour des avocats de la défense de s'exprimer. Lors de la deuxième journée d'audience, vendredi 29 janvier, on a pu entendre la représentante légale des victimes. L'accusation devrait présenter ses premiers témoins mercredi.


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