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Retrait du contingent congolais: Jeanine Mabunda dissipe les malentendus

Réagissant au non-renouvellement du contingent congolais en République centrafricaine, Jeanine Mabunda s’explique

 

"J’ai, comme tout le monde, appris et été informée de la décision qui a été prise par les Nations unies, qui est l’aboutissement d’un échange et d’un dialogue que nous avons depuis août 2015. Pour rappel des faits, des premières allégations avaient été émises aux alentours d’août 2015 sur l’implication supposée de certains soldats du contingent congolais. Et face à cette première allégation, la RDC a eu une première prise de position immédiate, publique, sans tabou et affirmative sur son engagement en tant que pays à ne plus tolérer le viol. Au mois d’octobre, des cas additionnels semblaient avoir été évoqués et portés à notre connaissance, une deuxième mission d’enquête du 27 novembre au 13 décembre, suivant la première initiée du 26 août au 1er septembre, avait été conduite par l’auditorat général de la justice militaire congolaise sur le site en Centrafrique. C’est dire le sérieux, l’importance et l’engagement que nous avons sur ces questions."

Optimiste, l‘ancien ministre du Portefeuille de l’Etat a fait savoir qu’à ce stade, c’est un peu prématuré de faire preuve de motions et de passions. Elle a noté seulement qu’il y a un contingent qui est composé de 925 militaires, ce qui représente 10% de la Minusca. Ceci est une contribution énorme de la RDC, pays qui a 9 frontières dans les Grands Lacs qui, pour le moins, est souvent objet de certains soubresauts. Et chaque fois que nous l’avons pu, par rapport à notre idéal de paix pour notre pays et pour les Grands-Lacs, nous avons souhaité participer et contribuer, a-t-elle indiqué. "Et c’est dire que notre intérêt, notre attachement et notre implication vise à ce que la paix puisse se propager, se stabiliser dans les Grands Lacs. C’est pour ce faire que nous avons envoyé ces troupes en ce qui concerne leurs bravoures militaires. Elles n'ont pas été mises en cause, voire discréditées. On a eu régulièrement des rapports indépendamment de la partie congolaise qui font état du comportement militaire acceptable, sinon performant de nos troupes là-bas", a-t-elle martelé. Et de noter qu’il faut bien faire la part des choses.

 


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UNE MISSION DE PAIX FACE A PLUSIEURS DEFIS

Aujourd’hui, a-t-elle fait valoir, c’est une préoccupation internationale qui n’est limitée ni à la RDC ni aux Grands Lacs mais partout où il y a des zones de conflits. C’est dans ce contexte favorable que s’épanouissent certains glissements, dérapages que la RDC au sein du Conseil des Nations unies l’Onu essaie dresser, a fait observer Janine Mabunda.

"Bien sûr, ce n‘est pas un motif de gloire. Mais comme je l’ai dit, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Depuis 18 mois, nous avons entamé une croisade nationale pour non seulement alerter les populations mais mettre en garde les forces de sécurité qui sont souvent citées, notamment les militaires, les policiers sur l’obligation de respecter les droits humains élémentaires, entre autres le respect de la femme et de la non- tolérance vis-à- vis du viol. Donc, c’est-dire que ce long chemin, nous l’avons commencé il y a 18 mois. A peine commence, nous avons touché la surface. Mais ça serait un peu prématuré de penser qu’en 18 mois, on peut tout régler", a-t-elle souligné. Avant d’ajouter: "Nous ne sommes pas fiers. Nous sommes responsables, nous assumons et nous l’avons démontré dans la prise de connaissance de ces faits au mois d’août…".


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