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Centrafrique: le deuxième tour de la présidentielle opposera deux anciens Premiers ministres

Les résultats des législatives sont, en revanche, toujours attendus. L'élection s'était déroulée pacifiquement

 

Le duel pour la présidence en Centrafrique opposera Anicet-Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, deux anciens Premiers ministres. Selon les résultats provisoires annoncés jeudi par l’Autorité nationale des élections (ANE), Anicet Dologuélé a recueilli environ 24% des suffrages à l’issue du dépouillement des votes de l’ensemble du pays. Il arrive en tête devant Faustin Touadéra, qui récolte 19,5% des voix. Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité, un second tour aura lieu.

Touadéra, la surprise du scrutin
Anicet Dologuélé, économiste de 58 ans, qui a servi à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), ancien Premier ministre (1999-2001) du président Ange-Félix Patassé, a toujours été perçu comme l’un des favoris. Il espérait une victoire dès le premier tour. "Je reste satisfait. La répartition des votes crée une situation qui pousse à former des alliances, dit-il. Cela permet d’avancer vers une logique de rassemblement, positive pour le pays.

Faustin Touadéra, considéré comme un outsider, est la surprise de ce scrutin. Mathématicien de formation, il a été, de 2008 à 2013, le Premier ministre de l’ex-Président François Bozizé, renversé en 2013. Il disposait d’un budget de campagne beaucoup plus restreint que son rival, qui sillonnait le pays en avion. "Il est perçu comme un homme modeste et proche du peuple, dit un diplomate à Bangui. Il est aussi apprécié des fonctionnaires car, pendant son mandat de Premier ministre, les salaires étaient payés".

Le Kwa Na Kwa (KNK), parti de François Bozizé, qui jouit encore d’une large force électorale à travers le pays, avait appelé à voter pour Anicet Dologuélé. Mais les scores élevés de Faustin Touadéra à Bangui et dans l’ouest du pays, fiefs du KNK, prouvent que beaucoup de partisans n’ont pas suivi la consigne et ont préféré se rallier derrière lui.

 


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Démocratie balbutiante

Les élections, présidentielle et législatives, qui se sont tenues le 30 décembre, se sont déroulées de manière paisible, et ont suscité l’enthousiasme de la population, heureuse d’entrevoir une possible sortie de crise, après trois ans de guerre civile. Mais elles ont été entachées de nombreux problèmes logistiques et d’un désordre certain au moment du dépouillement.

Trente candidats étaient en lice pour le premier tour de l’élection présidentielle. Les résultats annoncés par l’ANE pour la présidentielle restent provisoires, ceux des législatives sont toujours attendus. Des recours peuvent maintenant être introduits auprès de la Cour constitutionnelle, qui a quinze jours pour les examiner et valider les résultats définitifs. Plusieurs candidats à la présidentielle ont déjà fait connaître leur mécontentement et dénoncé des fraudes. Lundi, deux-tiers d’entre eux avaient qualifié le scrutin de «mascarade» et demandé «l’arrêt» du processus électoral. De la décision des magistrats dépendra le maintien du calendrier. Le deuxième tour est, pour l’instant, prévu le 31 janvier.

"Si à l’issue de celui-ci, un candidat se démarque largement, il ne devrait pas y avoir trop de contestation, confie une source sécuritaire. Mais si c’est serré, le risque est beaucoup plus élevé." Depuis que les regards se sont tournés vers la campagne électorale, les affrontements ont cessé dans le pays. Mais le jeu démocratique n’en est qu’à ses balbutiements, et tant la population que les observateurs internationaux savent que la paix reste fragile


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