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Centrafrique : les élections se déroulent dans le calme

Malgré des risques de fraudes, les problèmes d'organisation, aucun incident sécuritaire n'a été enregistré en Centrafrique durant le scrutin

 

Devant les bureaux de vote, síétendent de longues files díélecteurs impatients de pouvoir enfin choisir leurs nouveaux dirigeants. A Bangui, la capitale centrafricaine, ils sont nombreux à vouloir participer au scrutin. Des Casques bleus, perchés sur leurs véhicules blindés et des policiers des Nations unies, munis de détecteurs de métaux, sont postés devant les centres de vote afin de sécuriser les élections. Líatmosphère est sereine, mais les problèmes díorganisation altèrent un peu líenthousiasme initial.

A travers la capitale, de nombreux bureaux ont ouvert avec du retard. "On devait commencer à 6 heures, mais nous avons dû attendre que les urnes et les bulletins arrivent", dit Bienvenu Ngoaboungui, président díun bureau de vote dans le quartier Castor, à proximité du centre-ville. A une dizaine de minutes de là en voiture, dans le quartier musulman, des électeurs se plaignent de ne pas trouver leur nom sur les listes. «Cíest parce quíils ne veulent pas que les musulmans votent ! Nous sommes des citoyens centrafricains, nous avons aussi le droit díélire notre président», síemporte un commerçant, qui brandit sa carte díélecteur au milieu de quelques dizaines de personnes en colère. Après quelques éclats de voix, le calme revient rapidement, alors que líAutorité nationale des élections (ANE) essaye de régler ce problème, qui retarde un peu plus le processus électoral. "Il manquait des pages sur les listes affichées. Mais tous les inscrits pourront voter", dit un responsable local de líANE dépêché sur place.

 


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Défi
Dans les classes de líécole qui sert de centre de vote en face de la mosquée centrale, trois bureaux supplémentaires ont été ouverts en fin de matinée. Des problèmes se règlent, díautres persistent. "Dans certaines localités, les bulletins pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux de vote", reconnaît dans un communiqué líANE, qui invite les candidats à "utiliser des voies de recours légales face à cette situation".

Le risque de fraude est élevé, des législatives partielles seront sans doute inévitables là où les citoyens níont pas pu voter. Mais la catastrophe redoutée níaura pas lieu. Hormis les problèmes techniques, aucun incident sécuritaire níest à déplorer, et la grande majorité des électeurs reste optimiste. Ils espèrent que ce vote permettra un apaisement de la situation dans le pays. "Je veux un président élu, qui puisse diriger la RCA et rassembler la population, dit Emile Wendesseré, un chauffeur de taxi qui síest levé à líaube pour venir voter. Ca va bien se passer, jíen suis sûr."

Líorganisation de scrutin, jugée précipitée par de nombreux observateurs, est un immense défi. Mais elle est aussi source díespérance. Trente candidats sont en lice pour la magistrature suprême. Ni líancien président François Bozizé renversé en mars 2013 par un coup díEtat ni líactuelle présidente du gouvernement de transition, Catherine Samba-Panza níont pu se représenter. Aujourdíhui, la République centrafricaine tente de tourner la page.


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