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Le pape François accueilli chaleureusement dans le bidonville kényan de Kangemi

Rues bondées, atmosphère festive et cérémonie émouvante dans l'église locale: le bidonville de Kangemi à Nairobi a réservé vendredi un accueil des plus chaleureux au pape

 

Tout au long de son parcours dans les quelques rues de Kangemi gravillonnées pour l'occasion, des centaines de personnes se sont massées pour acclamer le souverain pontife, au passage de sa papamobile découverte.

A son arrivée dans l'Eglise Saint-Joseph Travailleur, où se serraient environ 1.500 personnes venues de Kangemi et d'autres bidonvilles de la capitale, ce sont des cris de liesse qui l'accueillent, la foule enchaînant sur des chants et des danses.

Avant de gagner l'autel, Jorge Bergoglio commence à serrer des mains et bénir des gens dans une ambiance joyeuse témoignant de l'affection que portent les plus démunis à ce "pape des pauvres".

"C'est un honneur pour nous que d'être ici en tant que catholiques", confie Edward Mwaniki, un paroissien de Kangemi arrivé dès 04h00 du matin avec sa femme Margaret et ses fils James, Peter et Karl. "Etre ici est extrêmement important pour moi. C'est quelque chose qui n'arrive qu'une fois dans sa vie".

Son épouse connaît bien cette église, sorte de grand hangar en dur et au toit en tuiles, bâti au milieu des maisons en bois et tôle du bidonville. Elle y a été baptisée et y a fait sa première communion et sa confirmation. "Je suis très excitée", avoue-t-elle. "J'ai hâte de voir le pape. Son message de paix et de responsabilisation des jeunes est le message dont nous avons besoin."

 


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Les mots de bienvenue et de remerciements adressés au pape sont nombreux.

"L'école secondaire technique de Saint-Joseph vous souhaite la bienvenue à Kangemi - Karibu papa (bienvenue au pape en swahili, ndlr)", peut-on lire sur une banderole tenue par des écolières, habillées d'un tee-shirt rose orné de la photo du pape.

Echo au message papal

Au micro de l'autel, une súur décrit toutes les misères qui accablent les bidonvilles: insécurité, drogues, abus sexuels, maladies, corruption ou encore accaparement des terres. "Vous nous donnez du courage. Le fait que vous veniez nous rencontrer nous rend notre dignité. Vous nous incluez quand nous sommes normalement tenus à l'écart", dit-elle, résumant le sentiment général.

Ses propos font écho au message du pape qui, dans un long discours, dénonce "l'atroce injustice de la marginalisation urbaine" et pointe du doigt les "minorités qui concentrent le pouvoir, la richesse".

James est un ancien enfant des rues. Il a commencé à y errer dès l'âge de huit ans quand ses parents sont décédés et n'en a été sorti que 15 ans plus tard par le père Vittorio, un prêtre d'origine maltaise qui officie dans le bidonville de Mathare à Nairobi.

"Je suis venu pour voir le Saint-Père, pour recevoir sa bénédiction", raconte James, expliquant que le père Vittorio a "changé (sa) vie" en lui enseignant "les paroles de Dieu".

Une douzaine d'enfants des rues accompagnent le père Vittorio, dont Kelvin Mutwiri, un garçon de 14 ans habitué à vivre au milieu des ordures, qui a dessiné un portrait en blanc et or du pape, lequel a été encadré.


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