Archive

Svetlana Alexievitch, le Nobel de littérature 2015

La Bélarusse Svetlana Alexievitch, voix dissidente dans l'un des derniers régimes autoritaires d'Europe, a déclaré éprouver une "grande joie" après être devenue jeudi prix Nobel de littérature

 

"C'est une récompense non seulement pour moi, mais aussi pour notre culture, pour notre petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs", a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse à Minsk organisée dans les locaux d'un journal d'opposition.

Devenir un prix Nobel de la littérature "est une grande joie personnelle", a confié Mme Alexievitch, 67 ans, récompensée pour son "oeuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque", selon l'Académie suédoise.

"C'est difficile d'être une personne honnête actuellement, très difficile. Mais il ne faut pas faire de concessions devant un pouvoir totalitaire", a souligné l'écrivaine, née en URSS, sous Staline, et qui vit en partie à l'étranger en raison de ses relations difficiles avec le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko.

 


© Droits réservés
"une grande joie personnelle".
"Les autorités bélarusses prétendent que je n'existe pas, et le président bélarusse aussi", a-t-elle affirmé, précisant avoir reçu les félicitations du ministre russe de l'Information, mais pas celles des autorités de son pays.

"J'aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s'incline, celui du ballet et de la musique", a indiqué Mme Alexievitch, qui écrit en russe ses romans documentaires, dont "La Guerre n'a pas un visage de femme".

"Mais je n'aime pas celui de Béria, Staline, Poutine et Choïgou (le ministre russe de la Défense), cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass (région rebelle prorusse de l'est de l'Ukraine, ndlr), à rire des Ukrainiens et à croire qu'on peut tout régler par la force", a-t-elle souligné.

Première Bélarusse a recevoir le Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch dit "ne pas être une personne vaniteuse".


Commentaire


Retour en haut