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Centrafrique: Des témoignages contre les soldats violeurs

Une mère a raconté comment elle a découvert ce que son enfant faisait avec des soldats, contre quelques biscuits. L'Armée française enquête toujours

 

Pièce après pièce, le puzzle des accusations portées contre des soldats français en mission de paix – soupçonnés d’avoir abusé et violé des enfants dans un camp de déplacés à Bangui, en Centrafrique – est en train de se reconstituer. Cette affaire avait été publiquement révélée il y a une semaine grâce à la fuite d’un document organisée par un haut cadre de l’ONU, en poste à Genève, et récemment suspendu pour ce fait.

Mardi, la chaîne d’information française I-Télé a diffusé des témoignages qui semblent conforter les accusations portées contre des militaires que le Ministère français de la Défense cherche toujours à identifier. Réfugiée du camp de déplacés de l’aéroport de Bangui, une mère raconte, le visage caché, ce que des soldats faisaient avec son fils de 9 ans. «Mon enfant traînait trop dans le camp, alors je l’ai grondé, menacé, et il a fini par me dire qu’il allait chercher des biscuits auprès des soldats et que pour ça, l’un d’entre eux demandait des fellations. J’étais choquée, je l’ai tellement roué de coups qu’il avait des plaies au visage. Si un éducateur ne m’avait pas arrêtée, j’aurais tué mon enfant», raconte cette femme dans ce témoignage effrayant. Car cette mère souligne aussi que ces pratiques ont sali l’honneur de la famille. Et que c’est pour cette raison qu’elle n’avait pas collaboré quand les enquêteurs de l’ONU sont venus l’interroger sur les faits présumés.

 


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Un autre témoin résidant dans le camp explique avoir compris la tension qui se tramait autour des biscuits convoités au fil des conversations entendues, certains enfants expliquant à d’autres qu’ils n’avaient qu’à aller faire eux-mêmes le «travail sexuel» pour en obtenir.

Au malheur de ces mômes abusés en silence s’ajoute celui des enfants soldats. Mardi, les chefs de huit groupes armés se sont engagés lors d’une cérémonie publique à Bangui à cesser tout recrutement de mineurs et à relâcher plusieurs milliers d’enfants. Selon l’Unicef, entre 6000 et 10'000 enfants seraient concernés. Ils sont engagés pour combattre mais sont aussi victimes d’exploitation sexuelle.


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