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Centrafrique: A Carnot, les musulmans vivent toujours avec la peur

Par Médecins sans frontières

 

Abiba a 35 ans. Elle vit enfermée, enclavée, avec un peu plus de 500 autres personnes, toutes musulmanes, dans líenceinte de líéglise « Saint Martyr de líOuganda » à Carnot, ville située à líouest de la République Centrafricaine (RCA).

Tous les jeudis, un dispensaire mobile MSF se rend sur place pour offrir des consultations médicales aux déplacés et transférer les cas le nécessitant vers l'hôpital de la ville.

Doudou, 25 ans, fait partie de la communauté Peuhle. Elle tient dans ses bras une petite fille âgée de deux mois à peine, née à même le sol de l'église.

A 28 ans, Aoudou est orphelin: "Au début, on pensait tous quíon ne resterait là que quelques jours, quelques semaines au plus ; cela fait plus díun an maintenant".

 


© MSF
Enclave de Carnot, avril 2015

A compter de février 2014, les AntiĖBalakas, milices populaires díauto défense, ont commencé à persécuter les musulmans centrafricains associés, malgré eux, aux membres de líex-coalition rebelle et ennemie de la Séléka, ceux qui - avant eux - síétaient déjà rendus coupables díexactions et de violences. Nombre de musulmans ont alors fui vers des pays tiers, comme le Tchad ou le Cameroun ; ceux qui sont restés en RCA ont été regroupés sur des sites comme celui de l'église de Carnot.

Quelques couvertures, habits, nattes jonchent le sol de líéglise : les enclavés de Carnot níont plus grand-chose. Leurs vies dévastées, la fuite, le refuge dans cette enceinte... Pour Abiba, Doudou et Aoudou, cíest comme si ça cíétait passé hier.


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