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Centrafrique: Qu'est devenu l'accord de Nairobi?

L’accord entre les belligérants du conflit centrafricain est toujours en attente de signature, vidé de sa substance et déserté par le président Sassou Nguesso, son principal instigateur

 

L’accord entre les belligérants du conflit centrafricain est toujours en attente de signature. Vidé de sa substance et déserté par le président Sassou Nguesso, son principal instigateur, l’accord de Nairobi n’est plus soutenu que par le médiateur kényan.

Y-a-t-il encore un pilote aux commandes des accords de Nairobi entre les différents acteurs du conflit centrafricain ? Après plusieurs reports, la signature du document attend toujours d’être officiellement ratifiée depuis janvier. Aprement discuté entre les anti-Balaka et les deux ex-présidents Bozizé et Djotodia, l’accord de Nairobi pourrait se terminer dans une impasse.

Lancé de manière unilatérale et hasardeuse par le président congolais Denis Sassou Nguesso et fortement critiqué par les autorités centrafricaine et la communauté internationale, l’accord de Nairobi s’est d’abord vidé de sa substance. Dans une première version, les signataires prévoyaient une amnistie générale et l’ouverture d’une troisième transition, écartant de fait, la présidente Catherine Samba-Panza. Exigences inacceptables, notamment pour la France.

Le nouveau texte fait désormais l’impasse sur les deux articles litigieux, passés à la trappe. Résultat : l’accord qui visait à remettre en selle Bozizé et Djotodia au coeur du processus de réconciliation tombe à l’eau et l’accord de Nairobi ressemble désormais à une coquille vide. L’accord « dernière version » demande simplement « la cessation des hostilités » (déjà décidée à Brazzaville) et la reconnaissance des autorités de transition.

 


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Denis Sassou Nguesso, instigateur de l'accord de Naïrobi, s’est fait «taper sur les doigts» par ses pairs africain

«Plus personne n’assume ses responsabilités»
Deuxième coup dur pour Nairobi: le (discret) retrait de Denis Sassou Nguesso, pourtant à l’initiative des discussions. Le président congolais s’est fait «taper sur les doigts» par ses pairs africains, qu’il n’avait pas consulté, et par les partenaires internationaux à la manœuvre dans la crise centrafricaine. Au final, il ne reste plus que le médiateur kenyan, «hôte malgré lui» de cette initiative, pour exiger la signature officielle du document.

Bozizé et Djotodia ont vite compris que ce texte ne leur permettrait pas de rentrer rapidement au pays, depuis que des sanctions des Nations unies pèsent sur leur personne et sur leurs avoirs financiers. Sassou est au abonné absent et la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, très hostile à l’initiative de Nairobi qui parasitait son propre Forum de Bangui, s’est fait ddiplomatiquement portée absente.

«Plus personne ne semble vouloir assumer ses responsabilités» confie à Afrikarabia une source proche du dossier. Seul dans la course, le Kenya insiste pour que l’accord puisse se signer cette semaine, ou au pire avant l’ouverture du Forum de Bangui, le 27 avril… histoire de ne pas perdre la face. Au final, tout le monde semble sortir perdant de l’aventure de Nairobi: Bozizé et Djotodia n’ont pas réussi leur opération de retour sur la scène politique centrafricaine, Sassou a perdu une partie de sa crédibilité de médiateur et le Kenya a simplement le sentiment de s’être fait manipulé.


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