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La vérité si je mens, élection présidentielle en Centrafrique

Par Joseph Yakete, Président du Forac

 

Le forum pour le rassemblement Centrafricain (FORAC) considère qu’aujourd’hui l’objectif de l’engagement de la France, des pays de la sous-région, de l’union européenne et de l’ONU qui ne peuvent tergiverser plus longtemps est le suivant : la stabilisation et l’accompagnement du processus de transition jusqu’à la tenue effective de l’élection présidentielle dans des conditions de bonne organisation démocratique afin de donner une réelle légitimité aux nouvelles autorités.

L’analyse politique du déroulement et du bilan intermédiaire de la période de transition ne doit pas tourner autour de questions secondaires. FORAC affirme avec force que pour contribuer à la réussite du processus de transition et aboutir à l’élection d’autorités légitimes et incontestées, trois dimensions sont à respecter:
. L’engagement sécuritaire avec le désarmement effectif et contraint de toutes les milices anti-balaka et séléka afin de reconstruire un embryon d’armée centrafricaine en appui au dispositif Police/Gendarmerie pour permettre d’enraciner la paix civile.

. L’engagement financier indispensable au financement du processus électoral mais aussi au redémarrage de l’administration de l’Etat et à la relance de l’activité économique. Cet engagement est indispensable non seulement pour la stabilité du processus de transition politique mais aussi pour l’après élection.

. La démocratisation et la facilitation du dialogue politique entre tous les partis et partisans sincères de l’apaisement et de la stabilité du pays après l’élection présidentielle.

 


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La période de transition arrive à terme au mois d’août prochain.
Les perspectives de tenue de l’élection présidentielle sont incertaines et ce doute se nourrit des contradictions politiques au sein même de l’exécutif, sur fond de déclarations…
Le premier ministre confirme la tenue de l’élection courant juin/juillet 2015, information démentie de façon voilée par la Présidente de la transition Madame Catherine Samba-Panza et son Conseiller chargé de la sécurité et des relations avec Sangaris et la Minusca, Monsieur Jean-Jacques Demafouth.
Interpellés lors de la réunion de mise en place du démembrement de l’Autorité Nationale des Elections (A.N.E.) en France le samedi 28 mars 2015 à Paris, Monsieur Julius Ruffin NGOUADE-BABA, Président de la Commission Logistique et Madame Marie-Madeleine N’KOUET, Rapporteur Général, n’ont pu à leur niveau apporter de précisions sur la date (précise) de tenue de l’élection.

Comment expliquer, dans la situation actuelle du pays que des voix discordantes sur un sujet aussi important soient émises au sein même de l’exécutif, nourrissant ainsi le flou et l’incertitude des centrafricains et de nos partenaires soucieux et pressés de voir sortir rapidement la RCA de cette crise?

A la lecture des propos de Monsieur Jean-Jacques Demafouth recueillis par Monsieur Joan Tilouine – Le Monde, 25.03.2015 – le Conseiller à la sécurité dit à propos de la tenue de l’élection je cite: «je souhaite que cette élection se déroule vite, si possible avant décembre 2015».

Dans son entretien avec Pierre Pinto – RFI, le 24 mars 2015 - Madame la Présidente de la transition Catherine Samba-Panza sur la tenue de l’élection présidentielle, ne dit pas exactement ce qu’il faut faire mais dit qu’elle fera tout pour respecter le délai et que c’est un pari pour elle. Et, dit-elle, si ce n’est pas le cas, elle se retournera vers les autres Chefs d’Etats de la sous-région pour trouver une solution autrement dit, une prolongation.

La charte constitutionnelle de la transition prévoit une durée légale de la période de transition de 18 mois qui prend fin en août 2015. Au-delà nous entrons dans l’illégalité constitutionnelle ce qui ouvre la voie à un vide juridique.
Il plane donc un sentiment d’incertitude mêlée d’une espèce de passivité attentiste, de procrastination qui ne fait que repousser l’échéance aux calendes grecques.
Un forum pour la réconciliation nationale doit se tenir mi-avril pour la paix et la justice. Les résultats seront déterminants pour assurer un processus électoral convenable.
Un report de l’élection serait opportun, avec une date précise pour enlever toute ambiguïté et éviter des élections précipitées et bancales.

Le Forum pour le Rassemblement Centrafricain (FORAC) interpelle avec force les autorités de la transition pour qu’elles prennent leur entière responsabilité en vue de la réussite du processus électoral et après. Dans le cas contraire, on peut craindre l’arrivée au pouvoir de nouvelles autorités anticonstitutionnellement élues et réputées pour leurs échecs antérieurs, ce qui n’est pas l’objectif recherché ni par la communauté internationale ni par les centrafricains eux-mêmes en quête de paix et de sécurité.

Joseph YAKETE, Président du FORAC, 30 mars 2015


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