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Centrafrique: quel calendrier pour les élections présidentielles

Par Joseph Akouissonne

 

Centrafrique: quel calendrier pour les élections présidentielles. Les dates butoirs des 15 juin et 15 juillet sont-elles tenables ?

Etat des lieux
Dans líétat actuel des choses, il est irréaliste díarrêter des dates pour des élections présidentielles en Centrafrique. Líorganisation díune élection démocratique, avec toutes les garanties de probité indispensables, nécessite une administration performante sur líensemble díun territoire entièrement sécurisé. En République Centrafricaine, on est bien loin de réunir toutes ces conditions. Certaines provinces sont plongées dans une insécurité abyssale. Les structures administratives sont obsolètes. Des préfectures sont occupées par des factieux dissidents qui font régner leurs lois iniques. Les populations se sont réfugiées dans la profondeur des forêts, fuyant les massacres et les tentatives díislamisation forcée exercées par les ex-SELEKAS majoritairement musulmans. Bangui, la capitale, est, elle aussi, plongée dans une insécurité chronique. La nuit venue, certains quartiers, devenus de véritables coupe-gorge, demeurent interdits. On rançonne. On tue. On braque les taxis, les automobilistes et les motocyclistes. Les Banguissois, de jour comme de nuit, vivent avec la peur aux tripes. Comment, dans ces conditions, peut-on décider díorganiser des élections? Comment sillonner tout le territoire pour établir les listes électorales fiables ?

 


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Des échéances à la va-vite
Ceux qui ont fixé ces échéances à court terme níont-ils pas fait preuve díune cécité politique majeure ? Est-ce que ce níest pas surtout la France qui, pressée de se retirer, aurait imposé ces dates butoirs à la Présidente, Catherine Samba-Panza, et au Conseil National de la Transition ? Les responsables centrafricains avaient émis des réserves et souhaité le report des élections en 2016. Un an de plus pour tout organiser semble être un minimum, étant donné líétat du pays. Il faudra peut-être même, après consultation de la population, proroger les mandats du Conseil National de la Transition et de la Présidente de la République. Une année supplémentaire est indispensable pour pacifier tout le territoire et réconcilier toutes les composantes du pays. Il est impératif de renforcer les capacités díintervention des Forces Armées Centrafricaines (F.A.C.A.) et de la Gendarmerie. Car, à la longue, ce seront les Centrafricains eux-mêmes qui assureront la sécurité de leur pays, son intégrité et ses frontières et parviendront à protéger sa population. Pour le moment, il semble difficile, voire impossible, díorganiser des élections aux dates prévues. La Présidente de la Transition et le Conseil Nationale doivent proposer des dates réalistes, en informer les populations et demander líavis de tous. Avant díassister à une pléthore de candidatures, à des calculs politiques et à des traquenards de tous bords, il faut, impérativement, ramener la paix, la réconciliation et la concorde dans le pays des Bantous.

Alla gbou ni ngangou ! alla zia ni a ti pepe! (Tenez bon! Ne laissez pas tomber ! )

A. De Kitiki (22 mars 2015)


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