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RCA: La Cour constitutionnelle dira-t-elle le droit?

«Une grande partie des voix exprimées níont pas été prises en compte lors du dépouillement»

 

Líélection présidentielle du 23 janvier dernier, en République centrafricaine (RCA), níen finit pas de faire des gorges chaudes. Certes, François Bozizé, selon les résultats provisoires, "remporte" la présidentielle avec un score de 66,08% mais, selon toute vraisemblance, il est encore loin de savourer tranquillement sa victoire. En effet, après avoir décrié líimpréparation des élections, qui laissait subodorer des fraudes à grande échelle, les opposants centrafricains viennent, cette fois-ci, de révéler un autre problème, et ce níest pas le moindre.

Une grande partie des voix exprimées níont pas été prises en compte lors du dépouillement. Aujourdíhui, avec ce nouveau couac, tous ceux qui taxaient les opposants de mauvais perdants ont de quoi reconsidérer leur position. En tout cas, Ange Félix Patassé, Martin Ziguélé et tous les autres contestataires des résultats provisoires, ont de bonnes raisons de le faire au regard de cette dernière révélation. Pour líheure, on se pose la question suivante: puisque Bozizé níattend, maintenant, que líonction des juges constitutionnels pour prêter serment et entamer un nouveau mandat, que fera alors la Cour constitutionnelle? Va-t-elle passer ces voix par pertes et profits? Ou bien demandera-t-elle la reprise des élections dans les zones où se pose le problème?

 


La Cour Suprême pour dire le droit
Pour tout dire, líinstance juridique suprême dira-t-elle le droit? Les Cours africaines étant généralement des caisses de résonance des régimes en place, il faut craindre le surgissement díun dramatique feuilleton qui va mettre toute la République en transes. Sans doute Bozizé a-t-il joué son va-tout pour remporter cette élection dès le premier tour afin díéviter ce qui est arrivé à líIvoirien Laurent Gbagbo, et au Gabonais Ali Bongo. Cíest en cela que le cas Gbagbo apporte de nouvelles inspirations aux présidents africains dont le défi semble désormais clair: remporter coûte que coûte la victoire dès le premier tour.

Aujourdíhui cíest Bozizé, demain ce sera Kabila et la liste risque, hélas, díêtre longue. Si on níy prend garde, il níest plus loin le jour où, en Afrique, les dieux de la démocratie vont déserter líOlympe. Pauvre de notre continent où on a la fâcheuse impression que la démocratie ne se lasse jamais díexécuter la danse du Tango.

 



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