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Centrafrique: Pays sans, pays sous tutelle, pays occupé

Par Joseph Akouissonne

 

Depuis près de deux ans, depuis le coup de force des rebelles sur líÉtat centrafricain, les Forces Armées Nationales sont portées disparuesÖ Pourtant, dès son arrivée à la Présidence de la Transition, Catherine SAMBA-PANZA avait souhaité rétablir líArmée centrafricaine dans ses prérogatives de défense du territoire. Elle en a été empêchée à líépoque par la France et líO.N.U. qui soupçonnaient les F.A.C.A. díêtre atteintes díun incurable « Coup díÉtatisme » Mais qui leur avait conféré le droit de síimmiscer dans la politique centrafricaine ? Leur rôle ne se limitait-il pas à des actions de sécurisation et de protection de la population ? A plusieurs reprises, la Présidente de la Transition a réclamé la réhabilitation de líArmée Nationale. Elle prêchait dans le désert. On ne lui a opposé que des refus teintés de mépris. Or, la lutte contre la Séléka avait permis de saisir des quantités díarmes, qui auraient pu équiper les F.A.C.A. et de les rendre opérationnelles.

Armée et patriotisme
La majorité des éléments des F.A C.A. sont des soldats patriotes. Certes, les coups díétats récurrents, ourdis par des officiers assoiffés de pouvoir, ont quelque peu suscité la méfiance au sein de la population. Mais la descente aux enfers des Forces Armées est due également à une mauvaise gouvernance chronique. Craignant de se voir détrônés par un coup díÉtat, ceux qui étaient au pouvoir préféraient créer pour eux une garde prétorienne, clanique et ethnique. Elle était choyée et corrompue, au détriment díune Armée Nationale obsolète, dont les soldes níétaient pas toujours payées. Ces responsables politiques et dirigeants, qui ont accepté et couvert cet état de fait incongru, ceux qui ont abdiqué devant les ordres des États et organisations internationales, ont failli à leurs missions.

 


© DR
Réhabilitation des F.A.C.A.
La situation est devenue insupportable et humiliante pour la Nation Bantoue. Il est plus que temps díentamer la réhabilitation de son armée. On apprend la mise sur pied díun contingent de 250 soldats centrafricains. Cíest peu, très peu. Imaginer que la défense du territoire puisse être assurée ad vitam æternam par des éléments étrangers est une aberration. Seuls, des soldats centrafricains peuvent assurer et garantir la sécurité et líintégrité du territoire de leur pays. Les soldats étrangers amis sont là pour aider líarmée centrafricaine - et non pour assister à son enterrement. Il faut que les autorités de Transition réhabilitent au plus vite les Forces Armées Centre-Africaines, afin quíelles soient aux avant-postes pour la reconquête du territoire. Leur place est désormais devant les troupes étrangères - et non à leurs côtés. CAHIER DE CHARGES

Les F.A.C.A. réhabilitées devront obéir à un cahier de charges défini par les gouvernants que le peuple aura élus. Officiers et soldats prêteront serment devant la Nation. Vertu et sens du sacrifice seront leurs premiers guides. Tout officier ou simple soldat, ambitieux et prédateur, ayant fomenté un coup díétat, sera destitué et passé en cour martiale. On veillera à líéquilibre régional des recrutements et la parité hommes femmes sera appliquée avec rigueur Les soldes devront être versées régulièrement afin díéviter que les soldats ne se transforment en racketteurs de la population. Il faudra assurer une dignité pleine et entière aux soldats, leur inculquer le sens de leur devoir et de leur appartenance à líÉtat. Quíils protègent leur peuple et que celui-ci líaime et le protège en retour. Ces propositions ne sont que des pistes. Díautres restent à imaginer par tous les Centrafricains. ALLA GBOU NI NGANGOU ! ALLA ZIA NI A TI PEPE ! (Tenez bon ! Ne laissez pas tomber !)


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