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Centrafrique: Le candidat Marin Ziguélé dépose un recours

Le tableau transmis à la Cour constitutionnelle récapitule les près de 200 cas díirrégularités

 

Arrivé troisième à l'élection présidentielle centrafricaine remportée au premier tour par le président sortant Bozizé selon les résultats provisoires, l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé a déposé vendredi un "recours en annulation" à la Cour constitutionnelle. Nous avons déposé un recours en annulation des élections parce qu'elles ont manqué de crédibilité et sont entachées de nombreuses irrégularités, a déclaré M. Ziguélé, troisième avec 6,46% des suffrages, selon les résultats provisoires de la Commission électorale indépendante (CEI) mardi et qui doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. Un tableau transmis par le candidat récapitulant des "irrégularités constatées lors des élections groupées" (les législatives dont les résultats ne sont pas encore connus se sont tenues en même temps que la présidentielle le 23 janvier) fait état de 200 cas allant d'un nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits" au "bourrage" ou "substitution" d'urnes, en passant par des «intimidations (et) coups de feu ouverts par les forces de défense" ou par l'"achat de conscience des électeurs. Après la réélection dès le premier tour de François Bozizé avec 66,08% (résultats provisoires) des voix, trois des quatre candidats battus avaient fait part de leurs intentions de déposer des recours auprès de la Cour constitutionnelle. Il s'agissait de M. Ziguélé, de l'ex-président Ange-Félix Patassé (2e, 20,10%) et du député Emile Gros Raymond Nakombo (4e, 4,64%).

 


Des membres de la Cour chargée de rendre le verdict
Selon líAgence France Presse, M. Nakombo et le camp de M. Patassé ont indiqué que leurs recours étaient toujours en préparation. Selon le code électoral, les contestations doivent être déposées dans les 10 jours après la publication des résultats provisoires. Par ailleurs, ces trois candidats ont réaffirmé vendredi dans une déclaration conjointe que pour eux le scrutin (...) a été volontairement vicié du fait exclusif du pouvoir et de la Commission électorale indépendante. [En conséquence, nous renouvelons notre exigence d'annulation de ces élections et rejetons avec force les prétendus résultats que nous ne reconnaissons pas], ont-ils précisé. Le cinquième candidat à l'élection présidentielle, l'ancien ministre de la Défense et dirigeant d'une ex-rébellion Jean-Jacques Demafouth (5e, 2,72%) avait dit qu'il n'allait pas déposer de recours jugeant notamment que cela "ne modifiera rien".

L'élection présidentielle du 23 janvier devait être l'aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles. La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, pétrole, or, bois), mais ruiné par des années d'instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.

 



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