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Centrafrique: Cécité politique et jeunesse en rage

Par A. de Kitiki

 

Aveuglement.
Les réalités socio-politiques et culturelles semblent échapper aux responsables du Gouvernement de Transition centrafricain. Aux intervenants étrangers, qui pataugent dans le marécage du pays des Bantous depuis environ un an, le pays donne, en effet, líimpression suicidaire de danser sur un fil tendu au-dessus díune rivière infestée de crocodiles affamés.
Une surdité et une cécité politiques voulues, ou imposées par des puissances étrangères, ont plongé le pays dans les abîmes de la mauvaise gouvernance : ambitions personnelles, mainmise sur les ressources du pays, tribalisme, clanisme et régionalisme érigés en mode de gouvernement. Le pays est désormais bien loin du chemin tracé par Barthélémy Boganda, fondateur intègre de la République Centrafricaine. Le peuple et surtout sa jeunesse, ont été abandonnés sur le quai de la misère. Préoccupée par son enrichissement personnel, bouffie díorgueil et de mépris pour le peuple, líélite centrafricaine, dans son ensemble, a failli à sa mission.

Vraies questions
La tentation est grande de désigner la France, ancienne puissance coloniale, comme seule responsable des malheurs qui ensanglantent le Centrafrique. Ce faisant, on frise líhypocrisie et la malhonnêteté intellectuelle. Il est largement temps que les Centrafricains síinterrogent sur leur propre responsabilité depuis la disparition de Barthélémy Boganda.

Après les colons, cíest bien líélite du pays qui a infantilisé le citoyen centrafricain de base en le bâillonnant. Ce qui lui importait, cíétait se précipiter pour postuler à un avenir présidentiel. Cíétait se livrer à des calculs politiques insupportables pour retrouver ses prébendes. Au lieu de quoi, la sagesse aurait dû la conduire à faire son examen de conscience. A reconnaître ses responsabilités. A se vêtir de la toge du Sage. A prodiguer des conseils aux jeunes. A tracer une nouvelle voie pour une Nouvelle Centrafrique « Une, Indivisible, Laïque et Démocratique ».

 


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Engagements
Il faut redonner la parole au peuple, écouter ce quíil a à dire, en líassociant à tous les débats de société. Il faut refonder líArmée Nationale Centrafricaine : une nation ne peut affirmer sa légitimité quíen síappuyant sur une Armée Nationale. Elle pourra ainsi protéger líintégrité du territoire en faisant tout pour chasser les mercenaires étrangers islamisés qui occupent partiellement le pays. Car, si ces islamistes ont fait main basse sur une partie du territoire par la force, les Centrafricains, comme Victor Hugo, doivent affirmer : « Ils ont la force, nous avons le droit. » Il faut renforcer la présence de líadministration dans toutes les régions de la R.C.A. : les membres du Gouvernement ne doivent pas se cantonner dans la quiétude trompeuse de Bangui. Ils doivent sillonner le territoire pour affirmer et pérenniser la présence de líEtat partout où il est de droit. Par ces engagements, le pays retrouvera son statut, sa force et sa fierté.

11 Janvier 2015
Les attentats lâches et infâmes qui ont frappé la France en ce jour sont líexpression díune guerre menée par des forces obscurantistes contre les lumières et la démocratie. Cíest pourquoi les Centrafricains doivent, eux aussi, dire : « NOUS SOMMES TOUS CHARLIE-HEBDO ». Il faut quíen Centrafrique, comme au Niger et ailleurs, une guerre impitoyable soit menée contre les fanatiques qui, à líinstar de Boko-Haram, veulent appliquer la charia dans toute líAfrique. « ALLA ZIA NI A TI PEPE. ALLA GBOU NI NGANGOU !» Ne laissez pas tomber, tenez bon !


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