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RCA: Bangui sous haute tension après la mort d’un jeune brûlé vif

Des jeunes en émoi ont décidé d’organiser une marche du PK 5 jusqu’au Bureau intégré de l’Organisation des Nations Unies en RCA (BINUCA), pour y exposer le cadavre

 

Le 4e arrondissement de la capitale centrafricaine est sous tension depuis mardi, 7 octobre soir, après l’assassinat d’un jeune musulman par des chrétiens, ont rapporté mercredi des témoins. Le jeune homme a été brûlé vif mardi dans le quartier Gobongo. La Croix-Rouge a récupéré mercredi matin le corps carbonisé de la victime pour l’amener à la mosquée Ali Babolo au km 5. L’arrivée du corps calciné de la victime dans le fief musulman a déclenché une fureur générale. Des jeunes en émoi ont décidé d’organiser une marche du PK 5 jusqu’au Bureau intégré de l’Organisation des Nations Unies en RCA (BINUCA), pour y exposer le cadavre.

 


© Diaspora Multimédia & Audiovisuel
Entre temps, les choses ont dégénéré. Le premier taxi qui a eu la malchance d’embarquer au mauvais moment, au niveau du monument Koudoukou (en plein marché du KM 5) a été arrêté par la foule surexcitée par la mort du musulman. Le conducteur ainsi que ses deux passagers ont été poignardés puis le taxi incendié. Ils seraient dans un état sérieux, ont rapporté des témoins.

Sur le chemin du Binuca, les manifestants ont tout brûlé sur le passage, notamment les petits commerces appartenant à la population chrétienne. Jusqu’à 13 heures GMT, Bangui était secouée par de violentes tensions. La gendarmerie centrafricaine et la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) tentaient encore de maîtriser la situation.

Les quartiers Fatima et Kpetené dans le 6ème arrondissement continuent à se vider de leurs populations craignant le débordement des représailles des musulmans armés. Même mouvement de panique dans les 5ème et 8ème arrondissements (à majorité chrétienne). L’hélicoptère de la Minusca continue de survoler la capitale. La circulation est perturbée. Les gens se hâtent de quitter le centre-ville à pied parce que le transport urbain est paralysé.

Maurice Béfio, témoin de l’assassinat du jeune musulman qui a déclenché le regain des tensions à Bangui a indiqué à Anadolu que «le jeune assassiné avait lancé deux grenades à partir d’un taxi où il était à bord. C’est pourquoi la population l’a pourchassé jusqu’au BARC (Bureau d’affrètement routier centrafricain). Parvenant à l’attraper, un groupe d’hommes l’a lapidé à mort avant que le corps soit trainé jusqu’au rond-point du 4ème arrondissement pour être brûlé».

Pour sa part, Ousmane Abakar, porte-parole des musulmans du pk 5 a démenti la version de ce témoin avançant que le jeune musulman dont le corps a été calciné «a été puni par des chrétiens pour avoir osé de quitter PK5». Cet incident fait suite à un autre similaire datant du début du mois courant. En effet, un jeune musulman, avait été brûlé vif dans son pickup, à 30 km de Bambari vers l’est, par des anti-balaka. Tentant de venger son assassinat, un groupe de musulmans armés avait tenté de faire irruption sur le site des déplacés de la gendarmerie de Bambari. Mais, la Minusca avait riposté ouvrant le feu sur les assaillants. Les affrontements entre les deux parties avaient fait 16 morts.

 



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