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Non, Samba Panza n'est pas Al Capone: bénissons Saint Bozizé et Djotodia!

Rentrée scolaire Ė diamant Ė élections: des histoires vides de sens

 

43% des Centrafricains ont moins de 15 ans. De 1989 à ce jour, nous avons connu cinq années scolaires blanches et cinq autres années académiquement incomplètes.

Tous les Centrafricains nés à partir de 1970 sont concernés par ce drame. En effet, ceux de 1970 arrivaient en Terminale lorsque la 1ère année blanche fut certifiée. À la fin de chaque période d'instabilité, on reprend les mêmes méthodes et on recommence. Rien n'est fait pour rattraper les erreurs de la perturbation des rythmes scolaires en modifiant l'offre de formation. Ainsi, la RCA dispose toujours d'un seul Lycée Technique à Bangui et du Collège díélevage de Bouar. Or à cause des années blanches complètes, partielles et des périodes d'instabilité, de nombreux jeunes sont sortis du système scolaire sans qualification.hui.

 


© aa.com.tr
Mme Catherine Samba-Panza
Aujourd'hui, on négocie le retour de la RCA dans le processus de Kimberley c'est à dire sur le marché légal du commerce du diamant. Veut-on se donner bonne conscience ou l'on est tout simplement ignorant des réalités centrafricaines ? Cet ex territoire unique divisé aujourd'hui en plusieurs sous-territoires où la majorité des zones d'exploitation diamantifère échappe aux autorités de Bangui et qui n'y ont plus mis pieds depuis une éternité ? Comment donc la «République Centrafricaine de Bangui» administrera-t-elle des régions auxquelles elle n'y a pas accès et où ses représentants sont absents ou rasent les murs?

Février 2015 ou rien
Faire comme-ci le calendrier électoral est le principal souci de la RCA et des Centrafricains, c'est ne pas admettre que la fondation de la République en 1958 et son processus de consolidation ces 56 dernières années furent des échecs. Penser que pour répondre à la faillite de l'état et à la désorganisation de la société centrafricaine, il faut convier les centrafricains aux urnes, c'est oublier sciemment que si nous en sommes là aujourd'hui, c'est en partie à cause de trois rendez-vous électoraux manqués : 1998(Koudoufara) -1999 et 2011.
 1998 et 1999 engendrèrent mai 2001, octobre 2002, mars 2003, Bozizé et le KNK.
 2011 engendra le pouvoir à vie et le parlement familial, la Seleka, Djotodia, Noureddine, Tiangaye, Nzapayéké, Kamoun, Samba Panza, 200 milles morts, 1 million de déplacés et des dizaines de milliards de dollars de dégâts.

Penser une seule seconde dans ce chaos qu'organiser des élections demain matin serait la panacée au chaos centrafricain, c'est étaler le tapis rouge au prochain Scarface centrafricain et créer non seulement les conditions du prochain chaos mais aussi et surtout entretenir les sentiers de la division entre fils et filles de ce territoire sans état qu'est devenu le Centrafrique.

Administration, Police, Gendarmerie absentes sur plus de 60% du territoire national. Fichier de l'état civil totalement ou partiellement détruit lors de la conquête territoriale de la Seleka. Quid des 60 généraux, 200 colonels et 25.000 hommes armés de la Seleka ? Quid des antibalakas ? Quid des complices civiles de la Seleka dont certains sont en liste pour se mettre à l'abri via un mandat électoral ? Quid des penseurs civils des antibalakas dont les actions sont à l'origine des centaines de morts parmi nos compatriotes de confession musulmane ?

Bien qu'ayant manifesté ma désapprobation du forum de Libreville, j'avais noté un seul rendez-vous: le dialogue national, initialement prévu pour novembre 2014.

Tout comme avant elle, Djotodia et Bozizé sont les produits de nos propres contradictions.
Clément De Boutet-M'bamba


Chers compatriotes et amis de la RCA
N'oublions pas si vite d'où nous venons et pourquoi nous en sommes-là aujourd'hui.

Nous sommes en droit de demander des comptes à Mme Samba Panza. Savait-elle seulement qu'en devenant Cheffe de líexécutif transitoire de la RCA dans une période de crise profonde, on lui demanderait plus qu'à tous ses prédécesseurs réunis. Qu'à son entourage, rien de ce qui jadis fut toléré ou accepté, ne le sera ? Que chacun de leurs faits et gestes passera au microscope ? Le savait-elle ? Le sait-elle?

On est donc en droit d'exiger non seulement des explications mais aussi et surtout de voir des résultats d'autant plus qu'elle avait des objectifs clairement identifiés pour la transition :
- Pacification et Sécurisation ;
- Relance territoriale de líadministration ;
- Relance économique ;
- Organisation des élections.

C'est dans cet ordre-là que des comptes sont exigés sans oublier les affaires périphériques du type «dollargate». Lui demander des comptes est donc un droit légitime. Mais faire d'elle, le dénominateur commun du mal centrafricain, c'est oublier l'histoire récente de la RCA et canoniser Bozizé et Djotodia.

En effet, Djotodia, Noureddine, Dhaffane, Assimeh et compagnie sont parvenus en quelques mois à nous faire oublier François Bozizé Yangouvonda, le règne Orange et la loi des «Est-ce que tu me connais ?» Or Dieu seul sait que par millions, nous étions nombreux chaque matin à maudire l'homme de Sassara et ses amis politiques.

Aujourd'hui, les errements de Mme Samba Panza et sa cour sont parvenus à nous faire oublier le règne de la terreur des Khmers rouges centrafricains, les églises pillées, les villages incendiés et rayés de la carte, les résidences et entreprises pillées. Les biens privés et publics razziés et emportés dans l'ex Dar El Kouti, au Tchad et au Soudan. Les massacres de Boyrabe, Cattin, Bossangoa. Le magistrat Bria, le citoyen Donatien Nguimé, les centaines de Centrafricains retrouvés ligotés dans l'Oubangui, l'Ouham et d'autres cours d'eau, ceux du charnier de la colline, de la police politique de Noureddine et les milliers d'autres anonymes dont les esprits n'ont pas encore trouvés de repos.

Oui, nous ne devrons pas oublier d'où nous venons et exiger d'aller rapidement à ce dialogue pour non seulement rectifier la Transition dans son scénario et son casting mais aussi et surtout isoler ceux-là qui hier, ont aussi tracé le chemin du chaos centrafricain.

Non, Mme Samba Panza n'est pas Al Capone, ni Pol Pot. Elle est le fruit d'une erreur de Scénario, de Casting et de Metteur en scène. Tout comme avant elle, Djotodia et Bozizé sont les produits de nos propres contradictions.

Il serait temps que l'on apprenne de nos erreurs et errements afin de fonder un nouveau pays, de construire un état moderne et une nouvelle nation. Pour ces exigences existentielles, sont interdit les raccourcis du genre «élection demain matin» mais aussi et surtout la pérennisation du règne du statuquo et accepter la mue des collabos d'hier qui se la jouent Zorro aujourd'

 



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