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Catherine Samba-Panza: «les élections n'auront pas lieu en février 2015»

Dans un entretien accordé à la Voix de líAmérique depuis Washington, la présidente de la transition centrafricaine a refusé de s'engager sur un nouveau calendrier

 

Vous dîtes que la Centrafrique est redevenu un pays fréquentable. L'ambassade américaine à Bangui vient d'ailleurs de rouvrir. Quelles les zones qui vous préoccupe toujours?
"La sécurité est revenue nettement à Bangui. Mais dans certaines localités de l'est, il reste encore beaucoup de poches d'insécurité. Avec l'arrivée des Casques bleus, nous espérons le retour de la sécurité dans ces zones mais aussi dans certaines localités de l'ouest."

Est-ce que les musulmans commencent à rentrer en Centrafrique?
"Oui, tout doucement. Nous enregistrons des arrivées au kilomètre 5 (NDLR : quartier de Bangui) et à l'intérieur du pays aussi, les musulmans reviennent.

 


© UNMINUSCA
Mme Samba Panza
"Est-ce la bonne solution de dialoguer avec Michel Djotodia et François Bozizé au sein du dialogue centrafricain?
"Dialoguer peut-être pas mais ce sont des acteurs importants sur le terrain, qui ont quand même une certaine influence des troupes. Je pense qu'il est important, dans le cadre de l'ouverture politique que nous faisons, d'écouter toutes les filles et tous les fils de ce pays, y compris Michel Djotodia et François Bozizé. Ce sont des Centrafricains. Nous pensons que leurs points de vue sont importants."

Certains estiment que c'est un retour en arrière avec ceux qui sont à l'origine de cette crise. Que répondez-vous?
"Ce níest pas un retour en arrière. Je suis arrivée au pouvoir en voulant dialoguer et écouter tout le monde. Ils ont peut-être des suggestions à faire. Il ne faut rester fermé totalement."

Líéclatement de la Séléka en une multitude de sous-groupes níest-il pas le principal obstacle au dialogue inter-centrafricain?
"Nous espérions avoir des interlocuteurs identifiés au sein de la Séléka et des anti-balaka pour nous permettre díavancer dans le dialogue politique et la réconciliation. Malheureusement, il y a des problèmes internes qui aboutissent à des luttes intestines. Nous assistons comme vous à líéclatement de ces groupes armées, ce qui níest pas positif."

Le gouvernement de Mahamat Kamoun est-il pleinement légitime?
"Les gouvernements sont contestés partout dans le monde, même en France. Nous sommes en démocratie, quand une autorité prend une décision, cela ne fait jamais l'unanimité. Cela ne veut pas dire que cela est remis en cause totalement. Ce gouvernement a toute sa légitimité car il est représentatif de tous les segments de la société centrafricaine en termes communautaire, confessionnel et géographique."

Le président de líautorité nationale des élections a estimé que le délai de février 2015 níétait pas tenable. Est-ce votre avis?
"Comment organiser des élections quand la moitié du pays est encore dans líinsécurité ? Quand líétat civil est totalement détruit et níest pas encore reconstitué ? Quand líadministration níest pas encore redéployée sur le terrain ? Il síagit là de questions importantes que líANE, aidée par la communauté internationale, devra se poser."

Quand estimez-vous qu'il sera alors possible de voter en Centrafrique?
"Il ne m'appartient pas de décider des dates. L'autorité nationale des élections va faire une analyse de la situation et proposer un nouveau calendrier."

 



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