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RCA: nouveau gouvernement en attendant le dialogue national

La société civile est aux abonnés absents et leKwa na kwa dénonce son "exclusion" et "l'arbitraire"

 

La nouvelle équipe gouvernementale formée par Mahamat Kamoun compte 31 membres, dont 2 ministres díÉtat - líun en charge des Travaux publics et líautre en charge de la Défense nationale -, 27 ministres et deux ministres délégués, respectivement aux Finances et au Budget. Elle est formée des personnes ayant montré leur disponibilité aux autorités de transition : 19 entrants dont le général de gendarmerie Thierry-Marie Métinkoué, nouveau ministre à la Sécurité et douze anciens reconduits du gouvernement sortant díAndré Nzapayéké. Sur ces 12 reconduits, 4 ont changé de portefeuilles. Les ministres des Affaires étrangères, des Postes, de líÉconomie, de la Fonction publique, de líÉducation, du Commerce et de la Santé restent inchangés. Les autres anciens membres du gouvernement qui était composé díune vingtaine de personnes conservent leur poste.

 


© corbeaunews.ca
Mahamat Kamoun, nommé PM de transition en Centrafrique
La société civile est aux abonnés absents
Les principaux groupes belligérants font leur entrée dans cette équipe. Líex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, est représentée par au moins trois personnes. Il síagit notamment díAbdallah Kadre Hassane aux Postes et télécommunications, Mahamat Tahib Yacoub à líÉlevage et díArnaud Djoubaye Abazène aux Transports. Les anti-balaka quant à eux ont obtenu un seul poste ministériel : le ministère délégué aux finances occupé par Jacob Désiré Ngaya.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a été arraché à Léopold Narcisse Bara, un Antibalaka, pour être affecté à Armel Ningatoloum Sayo du mouvement Révolution Justice. La nouvelle configuration comprend une forte représentativité féminine, soit huit ministres femmes contre sept dans le gouvernement sortant. Seulement, la nouvelle équipe dissocie les Affaires sociales et les actions humanitaires de la Santé publique puis Marguerite Samba Maliavo reste à la Santé publique, alors quíEugénie Yarafa síest vue confier la responsabilité du ministère des Affaires sociales et de líaction Humanitaire. Le grand absent dans cette équipe est la société civile qui, lors des consultations, avait annoncé quíelle níallait pas participer à ce nouveau gouvernement.

Kwa na kwa dénonce son "exclusion" et "l'arbitraire"
La coalition formée autour du parti de líancien président François Bozizé, dénommée Kwa Na Kwa, a déploré par le biais de son secrétaire général, Bea Bertin que les cadres de leur mouvement soient mis à líécart. «Depuis líarrivée de la Séléka, il y a comme un processus díostracisation, de marginalisation de notre formation politique. Le Kwa Na Kwa a une implantation nationale, et nous avons payé un lourd tribut. Alors que líon nous dit que la transition a un caractère inclusif et consensuel, la démonstration vient díêtre faite que nous avons personne ni au gouvernement, ni au cabinet du président de la République, ni au cabinet de la primature, nulle part. Dans tous les cas, cíest de líarbitraire que nous subissons aujourdíhui».
Outre le fait que líensemble du gouvernement ne fait pas líunanimité dans le pays et au niveau de la diaspora, Mahamat Kamoun lui-même est considéré comme un Premier ministre non-consensuel. Díailleurs depuis sa nomination, Catherine Samba Panza fait líobjet de nombreuses critiques. Beaucoup lui reprochent le manque de concertation dans le choix de ce Premier ministre. Le gouvernement sortant avait démissionné début août, dans la foulée díun accord de cessez-le-feu signé le 23 juillet à Brazzaville entre líex-Séléka et les milices anti-balaka.

 



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