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Minusca: seulement 7 600 Casques bleus disponibles

L'ONU a annoncé le déploiement dès le 15 septembre de ces hommes en Centrafrique dans le cadre de son opération de maintien de la paix.

 

La force africaine (Misca) s'apprête à passer définitivement le flambeau à celle des Nations unies en Centrafrique. "L'ONU va déployer au 15 septembre 7 600 hommes dans le pays dans le cadre de son opération de maintien de la paix", a indiqué, le 19 août, le général Babacar Gaye, chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca). "La majeure partie, soit 5 800 hommes, sera prélevée sur les effectifs de la Misca déjà présente dans le pays et passera sous pavillon de l'ONU", a précisé le général qui s'exprimait devant la presse après des consultations sur la Centrafrique au Conseil de sécurité de l'ONU.

 


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S'ajouteront aux troupes de la Misca 1 800 soldats et policiers supplémentaires, dont trois bataillons d'infanterie fournis par le Maroc, le Bangladesh et le Pakistan, et des policiers rwandais et sénégalais. La logistique sera aussi améliorée avec l'arrivée d'hélicoptères de transport. À partir du 15 septembre, la Minusca doit se substituer progressivement aux forces internationales, dont la Misca et quelque 2 000 militaires français déployés depuis fin 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris. La force de l'ONU doit compter quelque 12 000 hommes à effectif plein.

"Processus de réconciliation"
Dans son exposé de la situation devant le Conseil, le général Gaye a aussi souligné l'importance de compléter la transition politique en cours en Centrafrique en formant un "gouvernement inclusif et représentatif" et en menant un "processus de réconciliation". L'officier a également mis l'accent sur "le manque de moyens pour communiquer", soulignant que "plus de la moitié de la population n'a accès à aucun média". La Minusca, a-t-il dit, songe "à développer un plan afin d'établir sa propre capacité radiophonique à l'échelle nationale".

En Centrafrique jusqu'à quand ?
Le mandat initial de la Minusca court jusqu'au 30 avril 2015. Comme pour d'autres opérations de la paix, il est double. Il faut assurer la protection des civils mais aussi accompagner l'Etat dans sa stabilisation et sa transition politique. Un travail de longue haleine. « Une telle opération de rétablissement de l'autorité de l'Etat doit durer de longues années pour atteindre ses objectifs. Comme on a pu le voir en Haïti où la mission est installée depuis 2004, j'espère que la Minusca sera en RCA pour au moins une dizaine d'années », souligne Jocelyn Coulon, auteur du Dictionnaire mondial des opérations de paix.

La Minusca, grâce à des mesures temporaires exceptionnelles, aura enfin le droit d'appuyer l'Etat dans certaines fonctions régaliennes quand celui-ci sera défaillant. Pour le moment, on a peu de précision sur ces mesures. Mais Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint de l'ONU, affirme que la Minusca pourrait procéder à des arrestations, jouer le rôle de la police, des tribunaux et même de gardiens de prison. « Nous devons mettre fin à l'impunité », a martelé le haut responsable de l'ONU au micro de RFI.

 



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