Archive

Cenrafrique: Que nous réserve l’après-scrutin?

«On se souvient, en effet, qu’en 2005, le même président, alors candidat, a été mis en ballottage par Ziguelé»

 

De ce fait, il y a des raisons objectives d’être inquiet sur l’après-scrutin. Que nous réserve-t-il? Le président centrafricain sortant a, en face de lui, des candidats qui ne sont pas ridicules en termes de capacité de mobilisation de l’électorat. On se souvient, en effet, qu’en 2005, le même président, alors candidat, a été mis en ballottage par Ziguelé. On a pu également constater, à travers sa caravane, qu’Ange Félix Patassé mobilise encore. En tout cas, pour l’heure, au regard des forces en présence, il est difficile de parier sur une victoire au premier tour de l’un ou l’autre des candidats.

 

Un second tour n’est donc pas à exclure. Toujours est-il qu’on se demande comment les candidats accueilleront les résultats qui seront proclamés par la Commission électorale et le Conseil constitutionnel. Les accepteront-ils? Quelle sera la réaction des opposants qui dénoncent des fraudes si les résultats leur étaient défavorables? On s’interroge surtout sur l’attitude que Bozizé va adopter s’il venait à perdre, que ce soit au premier tour ou au second. En d’autres termes, se comportera-t-il comme Cellou Dalein Diallo en Guinée qui a reconnu sa défaite ou comme Laurent Gbagbo qui joue les mauvais perdants? Ce serait un gâchis si les choses devaient encore mal se passer et que la Centrafrique devait renouer avec ses vieux démons.

Ce serait encore une dure épreuve pour les démocrates si ce scrutin débouche encore sur une impasse. Car, au stade actuel des processus démocratiques en Afrique, le constat dominant est que les élections charrient leurs lots de fraudes plus ou moins maquillées, de violences, d’angoisses, bref, de lendemains incertains. Ceci étant, il faudra que les Africains travaillent à conjurer ce «sort» en montrant au reste du monde qu’ils sont matures et qu’ils n’ont pas vocation à rester des éternels apprentis, notamment en matière de gouvernance. Vivement, que tous les protagonistes se surpassent pour offrir à la République centrafricaine de nouvelles perspectives de paix et de développement.

 



Commentaire


Retour en haut