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Centrafrique: Futur gouvernement - Quelle si longue attente !

Pauvre Mahamat ! Nommé Premier ministre de la République centrafricaine dimanche 10 août 2014, Mahamat Kamoun est plus un homme à plaindre qu'à envier.

 

Honnêtement, dans la situation de chaos qui est celle de la Centrafrique depuis mars 2013, date de la marche triomphale de l'ex-rébellion Séléka sur Bangui, être chef de gouvernement relève plus de la gageure que de la sinécure. Et ce n'est pas le tout nouveau locataire de la primature qui dira le contraire. Voilà dix jours qu'il est Premier ministre sans gouvernement. Un capitaine sans navire ni matelots. Dans ce panier à crabes qu'est devenue la classe politique centrafricaine, parvenir à former une équipe gouvernementale de transition relève d'un grand exercice de funambulisme, d'un véritable travail en chimie nucléaire où la moindre erreur peut provoquer la déflagration générale. Et c'est sans nul doute cette réalité qui explique une si longue attente de l'équipe Kamoun. Une équipe qui doit à la fois prendre en compte la donne religieuse, l'appartenance politique, la sensibilité ethnique, la fibre régionaliste et bien d'autres susceptibilités encore.

Combien de temps mettra-t-on à combler ce vide institutionnel dont profitent tous les ennemis de la paix, pour reprendre l'expression de Dame Catherine de Bangui, et tous les autres pêcheurs en eau trouble ?
Alain Saint Robespierre


Directeur général du Trésor public sous François Bozizé, proche collaborateur de Michel Djotodia dont il fut un conseiller, ancien conseiller spécial de la présidente de transition, Catherine Samba Panza, Mahamat Kamoun, homme transversal s'il en est, est arrivé à la primature avec des préjugés favorables. Mais c'était sans compter avec la surenchère politique de l'ex-rébellion Séléka. Pour n'avoir pas été consultés dans le choix du nouveau PM, comme ils l'ont expliqué le lendemain de cette nomination, les anciens Sélékistes ont rejeté toute idée de participation au prochain gouvernement. Comble de provocation, ils exigent le retour aux accords de N'Djamena qui avaient contraint Djotodia à la démission et selon lesquels le poste de Premier ministre devait revenir au groupe rebelle. Combien de temps mettra-t-on à combler ce vide institutionnel dont profitent tous les ennemis de la paix, pour reprendre l'expression de Dame Catherine de Bangui, et tous les autres pêcheurs en eau trouble ?

Certes pour la réussite de sa mission : relancer la transition politique et mettre en úuvre l'accord de cessez-le-feu signé fin juillet à Brazzaville, la future équipe gouvernementale doit être le fruit d'un large consensus issu de concertations avec l'ensemble des acteurs de la classe politique et de la société civile. Mais attention tout de même à ne pas se laisser aller à d'interminables tractations au cours desquelles les ambitions personnelles prennent le dessus sur l'intérêt national.

 

 



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