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RCA: après Brazzaville, vers une paix durable?

La cessation des hostilités est un préalable indispensable au déroulement du reste du processus qui doit ramener la paix et permettre la tenue des élections, l'an prochain.

 

Dans l'accord signé mercredi 23 juillet par des représentants des anti-balaka et de la Seleka, les deux parties s'engagent à ne plus commettre un certain nombre de crimes: exécutions sommaires, torture ou encore incendie de villages. Les parties s'engagent également à lever les barrages illégaux pour permettre à l'administration d'avoir accès à l'ensemble du territoire national. Les deux principaux protagonistes de la crise actuelle, Séléka et Antibalaka, s'engagent en outre à mettre fin aux administrations parallèles. Elles síengagent aussi à cantonner leurs hommes dans un délai raisonnable. La première étape sera donc la mise en application de cet accord.

 


© REUTERS/Sia Kambou/Pool
Des armes saisies auprès de membres de la Seleka et d'anti-balaka. Le désarmement est un des éléments clefs du processus de paix en Centrafrique.
Au lendemain de la signature de l'accord de cessez-le-feu, dans la capitale congolaise, la présidente de transition de la République Centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a annoncé à Bangui une plus large ouverture des institutions. «Nous avons commencé par la volonté d'arrêter les violences. Ensemble, nous verrons avec les partenaires au développement quel type de désarmement et de réinsertion nous voulons». Le Forum de Brazzaville n'a cependant pas réussi son pari initial de parvenir à un accord fixant le cadre du désarmement et de la démobilisation des combattants des diverses milices dans le pays et à l'établissement d'une feuille de route pour un nouveau processus de normalisation politique. «Des attentes ont été exprimées. A la suite de cette rencontre, il faut faire des efforts pour davantage d'ouverture. Il faut ouvrir les bras à nos frères et súurs des autres sensibilités», a ajouté la présidente centrafricaine.

Dans les prochains jours, selon le Premier ministre André Nzapayéké, le recensement et le cantonnement des combattants doivent se mettre en place un peu partout dans le pays. Ensuite il faudra discuter des conditions du programme de désarmement démobilisation et réinsertion (DDR). Concernant les 2 600 combattants de la Seleka déjà cantonnés à Bangui, leur réinsertion pourra commencer. Les autorités de transition, avec les Nations unies, envisagent de les conduire dans les régions de leur choix.

Consultations
Sur le plan politique, le remaniement annoncé début mai puis reporté à l'après-Brazzaville devrait intervenir dans les tout prochains jours. En effet, à l'ouverture du Forum, lundi, Mme Samba-Panza avait promis «des actes politiques majeurs», après la rencontre, afin de «conduire la transition de manière consensuelle et inclusive, en tenant compte de toutes les sensibilités géographiques, politiques, communautaires et sociales» du pays. Cíest la raison pour laquelle, dans la prochaine étape du processus de réconciliation, ce sont ces fameuses consultations qui doivent se tenir dans les 16 préfectures du pays. Les populations dans les provinces poseront leurs doléances et choisiront des représentants. Là encore les autorités de transitions veulent aller vite. Une fois ces consultations terminées, à partir de la mi-octobre, débutera à Bangui le Forum de réconciliation et de reconstruction nationales. Sorte d'Etat généraux inclusifs, rassemblant des représentants de groupes armés, des partis, du gouvernement du Conseil national de transition (CNT), de la société civile, et des leaders traditionnels ou religieux.

Objectif: permettre aux élections de se tenir dans un climat de sérénité l'an prochain, mais surtout asseoir durablement la paix, dans un pays ruiné par les crises à répétition.

 



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