Archive

Centrafrique: une aile de Séléka rejette l'accord de Brazzaville

A Brazzaville pourtant, les représentants de la Séléka ont signé un accord de cessez-le-feu après avoir demandé sans succès la partition du pays

 

Cinq jours après la signature à Brazzaville de l’accord de cessation des hostilités, ce dernier fait déjà l’objet de controverses au sein de l’ex-Séléka. Le chef d’État-major de cette coalition, Joseph Zoundeko, a contesté cet accord qui selon lui, n’apporte pas la solution attendue. « L’État-major de la Séléka ne se reconnait pas dans l’accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville », a-t-il dit au RJDH. Ce dernier a affirmé que « la délégation de la Séléka qui a pris part au forum de Brazzaville n’avait pas le mandat d’apposer sa signature au bas de ce document de cessez-le-feu sans l’avis favorable de l’État-major. Par conséquent, l’État-major précise à l’opinion nationale et internationale que ce document n’engage que la responsabilité de leurs auteurs signataires.»

 


© aa.com.tr
image d'illustration
Pour Joseph Zoundeko, cet accord est en défaveur de l’ex-Séléka. Il a souligné qu’un « mémorandum présentant les pistes de sortie de crise en Centrafrique a été remis au médiateur Denis Sassou-N’Guesso mais est demeuré sans suite jusqu’ici.» Abdoulaye Isseine, ancien coordonateur politique de l’ex-Séléka, n’a pas souhaité se prononcer sur cette affaire. « C’est Mohamed Moussa Dhaffane, le chef de la délégation au forum de Brazzaville, qui est habilité à répondre à cette question. », a-t-il brièvement dit. Mohamed Moussa Dhaffane n’était pas disponible pour donner sa position sur cette situation. La prise de position de l’État-major est le premier obstacle enregistré à la mise-en-œuvre de l’accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville.

En revanche, des leaders politiques de la Séléka et des anti-Balaka estiment, selon le correspondant de la BBC en Centrafrique, que la réconciliation est encore possible. Des dizaines de milliers de musulmans ont quitté le sud du pays, où vivaient la plupart d’entre eux. Zoundeiko reproche aux "frères chrétiens" d’avoir rendu la paix impossible en Centrafrique. Des délégués de la Séléka (à gauche) et des anti-Balaka, à BrazzavilleDes délégués de la Séléka (à gauche) et des anti-Balaka, à Brazzaville Les dernières violences ont commencé dans ce pays lorsque des rebelles pour la plupart musulmans ont renversé le président François Bozizé pour s’emparer du pouvoir. La présence de quelque 7.000 soldats de maintien de la paix envoyés en Centrafrique n’a pas permis de mettre fin aux violences.

Amnesty International a accusé 20 personnalités centrafricaines d’avoir commandité ou commis des "atrocités". Cette ONG de défense des droits de l’homme souhaite que les personnalités mises en cause soient traduites en justice. A Brazzaville, les représentants de la Séléka ont signé un accord de cessez-le-feu après avoir demandé sans succès la partition du pays. Les délégués des belligérants ne sont pas parvenus à fixer le cadre du désarmement des diverses milices du pays, ce qui était pourtant l’un des objectifs des pourparlers.

 



Commentaire


Retour en haut