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Centrafrique: le mea-culpa des ex-Séléka au peuple centrafricain

M. Dhaffane a également demandé pardon au nom des ex-Séléka, au président congolais et médiateur internationale de la crise centrafricaine

 

Le représentant de la coalition des ex-Séléka, Mohamed Moussa Dhaffane, a présenté mercredi ses excuses aux Centrafricains, dont des milliers vivent hors de chez eux dans des conditions extrêmement difficiles par la faute de son mouvement. "Même si nous avons des motifs légitimes reconnus par toute la communauté internationale et même nationale, personne, nul n'a le droit de prendre les armes pour terroriser ou terrifier tout un peuple", a-t-il affirmé lors de la cérémonie de clôture du forum pour la réconciliation inter-centrafricaine tenu à Brazzaville, capitale congolaise, sanctionné par la signature d'un accord de cessation des hostilités entre les groupes armés en République centrafricaine (RCA), notamment les Anti-Balaka et les ex-Séléka.

 


© AFP Guy-Gervais Kitina
Mohamed-Moussa Dhaffane le 23 juillet 2014 à Brazzaville
M. Dhaffane a également demandé pardon au nom des ex-Séléka, au président congolais et médiateur internationale de la crise centrafricaine, Denis Sassou-N'guesso, ainsi qu'à tous les délégués, pour n'avoir pas pris part activement aux travaux en commissions à cause des difficultés de leur réorganisation internes. "La RCA dans les limites de ses frontières actuelles est la seule chose au monde que tous les Centrafricains nous avons en commun", a-t-il soutenu. L'accord de cessation des hostilités prévoit l'arrêt immédiat des combats entre les belligérants et la fin de toutes les campagnes de haine et de violence.

Les parties s'engagent à s'impliquer dans le processus global de réconciliation nationale qui se poursuivra en RCA et à s'abstenir d'entraver la libre circulation des personnes et des biens sur l'ensemble du territoire. Les parties prenantes se sont engagées à poursuivre le dialogue sans délai à Bangui, capitale centrafricaine, pour le désarment, la démobilisation et la réinsertion (DDR) ainsi que le processus politique inclusif sur la crise centrafricaine dans sa deuxième phase locale, par l'organisation des consultations populaires intéressant toute la population, y compris les déplacés en termes de réfugiés.

 


© peaceau.org
image d'illustration
Survie politique?
Pour beaucoup díobservateurs, la Seleka joue à Brazzaville finalement sa survie politique et physique. Exiger la partition de la Centrafrique comme elle lía fait jusquíà présent pourrait être une façon de faire monter les enchères, de demander beaucoup pour obtenir un peu, notamment une plus grosse part du gâteau politique. Puis selon des membres de líéquipe de médiation, cette attitude des Seleka de faire attendre, de venir en retard ou de lancer ces demandes, est classique en période de négociations.

Du côté de líex-rébellion, on continue díaffirmer que les inquiétudes sont sécuritaires. Depuis mardi soir, la délégation est au complet avec une trentaine de représentants politiques et militaires venus de différentes parties du pays. Les derniers sont arrivés tard dans la soirée des localités de Bambari, Birao ou encore Ndélé. Il faudra voir si avec cette base élargie, les Seleka très divisés en interne seront prêts à participer au processus et à síengager à faire la paix.

Une troisième phase prévoit un forum national de réconciliation et de reconstruction, précise le communiqué final.


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