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Congo: que font exactement les délégations centrafricaines à Brazza?

Le Centrafricain n'a que des interrogations au regard des incertitudes qui ont entouré la préparation de ce Rendez-vous de la capitale congolaise

 

La semaine du 14 au 18 juillet, la plateforme religieuse et une quarantaine de partis politiques se sont accordés pour dire non au forum de Brazzaville. Des organisations de société civile se sont jointes au mouvement. Devant cette situation, les autorités de transition ont organisé un atelier pour convaincre les couches vives de la nation à aller à Brazzaville. Et voilà que dès le 20 juillet, les délégations se sont retrouvées dans la capitale congolaise. La rencontre, qui semblait celle de tous les espoirs, laisse planer, cependant, des doutes sur les conclusions auxquelles elle pourra déboucher du fait de l'absence d'un certain nombre d'acteurs de la crise.

 


© peaceau.org
Une vue des participants au forum de Brazzaville
Qui sont les absents ?
L'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, est représentée, à l'absence de sa branche dissidente. Le Général Joseph Zoundeiko, Chef de líétat-major, nía pas fait le déplacement de Brazzaville. « Il a trop de choses à faire, il doit rester sur place pour contrôler la situation » a justifié à Anadolu Ahmat Nedjad. Samedi, alors que les délégués Séléka listés pour le déplacement de Brazzaville étaient occupés par les formalités díusage au niveau de la Présidence de la République centrafricaine, une décision de dernière minute est tombée annulant la participation de toutes les autorités militaires et níautorisant que les personnes occupant des postes politiques au sein des mouvements participant au forum.

Les milices anti-Balaka (majoritairement chrétienne) sont représentées par un coordonnateur national, car le mouvement n'ayant aucune structure centralisée, celui-ci ne pourra pas parler au nom de tous les groupes éparpillés dans le pays. Le gouvernement de transition est présent, mais la classe politique et la Société civile se sont divisées sur la question de participer ou non à cette rencontre et toutes leurs composantes ne sont pas représentées à Brazzaville.

Le Centrafricain n'a que des interrogations
Et maintenant, que vont- elles faire exactement du moment où elles ne sont pas parvenues à se mettre d'accord sur ce qu'elles ont à discuter à Brazzaville? Il est clair quíen dernier recourt, les dossiers ne sont pas ficelés et il manque encore des précisions. Tout ce que le citoyen lambda sait, c'est que le calendrier prévoit des engagements pour la cessation des hostilités. Malgré la présence d'une opération militaire française et de troupes de l'Union africaine, les groupes armés continuent d'endeuiller le pays.

Est-ce encore l'occasion d'un partage du gâteau national? S'agit-il de blanchir les bourreaux et les insérer dans le gouvernement et les autres institutions du pays ? Est-ce encore une occasion pour modifier les textes fondamentaux du pays au profit de certains intérêts égoïstes et au détriment de l'intérêt général ? Est-ce encore une occasion pour tourner le dos aux victimes qui attendent que justice soit faite ? Les Centrafricains sont dans l'incertitude et demandent aux acteurs de Brazzaville de faire preuve de responsabilité. Car ils auront des comptes à rendre à leur retour à Bangui.

Des pays de la Communauté économique des Etats de líAfrique centrale (CEEAC), notamment le Tchad, la République démocratique du Congo et le Cameroun ont envoyé des représentants. LíUnion africaine y est aussi présente à cette rencontre des Centrafricains.

 



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