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Bangui: une marche des étudiants pour le droit à l’éducation

Cette marche a été organisée à la suite de la grève de 21 jours qu’observent les enseignants du supérieur depuis le 02 juillet dernier

 

Les étudiants centrafricains ont organisé une marche hier, 14 juillet, pour revendiquer le droit à l’éducation. Le mouvement a été dispersé au centre-ville par les éléments de la Misca, au grand dam des manifestants qui voulaient remettre un mémorandum à la cheffe de l’Etat. C’est environ trois cents étudiants vêtus de noirs en signe de deuil, selon eux, qui ont pris part à la marche organisée par leur association ce matin. Le point de chute était la présidence de la République, et l’activité devait se clore avec la remise d’un mémorandum à la cheffe de l’Etat de Transition. Une fois au centre-ville, la manifestation a été dispersée par les forces de l’ordre. Jerry Théophraste Boh-Mangui, secrétaire général de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA), a donné les raisons de cette marche en disant que: «les étudiants ont voulu à travers cette marche pacifique attirer l’attention des autorités sur les menaces qui pèsent sur l’année universitaire avec la grève prolongée des enseignants. Nous voulons appeler les deux parties à la conciliation afin que les cours reprennent».

 


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Il a dénoncé la dispersion de leur mouvement. «Nous avons marché de manière pacifique, sans dire quoi que ce soit mais à notre grande surprise, les éléments des forces de l’ordre nous ont tiré dessus. Ce n’est pas normal que les autorités nous traitent de la sorte. A cause de ces tirs, nous n’avons pas pu remettre le mémorandum qui demande aux autorités et aux enseignants de trouver des compromis le plus vite possible. C’est une manière de nous dire que nous n’avons pas droit à l’éducation et nous réagirons au moment venu».

À la présidence de la République, les responsables n’ont pas souhaité faire des commentaires sur cette marche. La ministre de l’éducation nationale, Mme Gisèle Bédan, a pour sa part déclaré au RJDH que les revendications des étudiants sont légitimes. Toutefois, ces derniers n’ont à ses yeux pas choisi la meilleure méthode pour présenter leurs revendications. «Les étudiants ont revendiqué le droit à l’éducation, ce qui est légitime et nous le partageons tous. Mais, ce qui ne marche pas, c’est qu’ils n’ont pas suivi les procédures établies pour faire ces genres de manifestations publiques», a dit la ministre. Cette dernière a indiqué que la marche n’avait pas préalablement été autorisée. «La semaine dernière, je leur avais demandé s’ils avaient demandé l’autorisation et ils m’ont dit que tout était réglé. Lorsque j’ai été informée de la dispersion de la marche ce matin, j’ai appelé mon collègue de la sécurité publique. Il m’a dit qu’aucune autorisation ne leur avait été donnée pour cela».

Quant au mémorandum des étudiants, la ministre a proposé qu’il soit remis au ministre de la sécurité publique qui se chargera de le remettre à la cheffe de l’Etat. «Le principe d’interdiction des manifestations publiques est encore de vigueur.», a-t-elle dit, «Il faut le respecter parce que les ennemis de notre pays peuvent utiliser ces occasions pour semer le trouble». Mme Gisèle Bédan a également accusé les manifestants d’avoir perturbé le déroulement des concours d’entrée en 6ème au niveau de deux centres éducatifs. «En rentrant après la dispersion, ils ont perturbé le déroulement des concours au niveau des lycées Caron et Martyrs», a-t-elle affirmé. Cette marche a été organisée à la suite de la grève de 21 jours qu’observent les enseignants du supérieur depuis le 02 juillet dernier.

 



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