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RCA: 23 morts et des dizaines de blessés à l'évêché de Bambari

L'assassinat de deux musulmans par des Anti-Balaka, lundi, a provoqué, selon le porte-parole adjoint de la Seleka, ce cycle de violence.

 

Vingt morts, des dizaines de blessés et une vingtaine de maisons incendiées ont constitué le bilan annoncé, mardi après-midi, par des sources locales, à la suite des affrontements de lundi soir dans la ville de Bambari (Centre). «Les assaillants se sont attaqués à la résidence de lévêque puis au presbytère. Ils ont mis le feu à létage du premier bâtiment et à des véhicules avant de pénétrer dans la résidence. Tous ceux qui étaient là se sont précipités dans le presbytère puisque les assaillants étaient tous armés de couteaux et darmes à feu. Tous les biens de lévêché ont été saccagés ou brûlés» a rapporté à Anadolu Nina Bongolé, la trentaine, une des victimes de cette attaque. Contacté, le porte-parole adjoint de la Seleka, le colonel Djuma Narkoyo, n'a pas confirmé le nombre de morts annoncé, en précisant uniquement quil y «a des morts de part et d'autre». Pour ce leader de la Seleka, le groupe armé agissait en représailles à l'assassinat de deux jeunes musulmans, plus tôt dans la journée.

 


© aa.com.tr
«Hier, vers 15H, des Anti-balaka, abrités au niveau de lévêché, ont attaqué le quartier musulman Adji. Deux musulmans ont été tués». Par réaction, a-t-il expliqué, des jeunes du quartier les ont poursuivis pour venger leurs frères jusquau niveau de la paroisse Saint-Joseph, siège de lévêché. Par la suite, la Seleka, Sangaris et la MISCA [forces africaines en RCA] se sont déployés autour de lévêché pour garantir sa sécurité. Aucune confirmation n'a pu être recueillie, jusqu'à 15H GMT, de la part des Anti-balaka, qui seraient, selon le colonel Seleka, répartis en deux groupes dans le secteur de l'évêché. «Actuellement, deux groupes dAnti-balaka: un au sein de lévêché, lautre à une distance de 500 mètres. Ce sont nos éléments qui garantissent la sécurité de lévêque et sont toujours déployés au niveau de lévêché»

Dans un communiqué publié, mardi, par l'OCHA (Bureau de Coordination des Affaires Humanitaire), la coordonnatrice humanitaire principale en République Centrafricaine, Claire Bourgeois, a condamné fermement les «violences indiscriminées contre les déplacés de la cathédrale St Joseph à Bambari». «Il ny a pas de mots assez forts pour qualifier ces attaques sur la population civile : cest inacceptable. La population civile centrafricaine continue dêtre les victimes dattaques indiscriminées. Jappelle donc tous ceux impliqués dans les violences à respecter la protection de tous les civils et à assurer leur sécurité» a déclaré Claire Bourgeois.

Le communiqué est également revenu sur l'attaque d'une mosquée, perpétrée, vendredi, à Paoua (Préfecture de lOuham Pende) le 4 juillet en condamnant "toute violence contre les lieux religieux" et les "autres sites de déplacement où la population se réfugie". Depuis fin mai, ce sont 10.000 déplacés chrétiens à avoir fui les violences croissantes dans la ville qui ont trouvé refuge dans les locaux de l'évêché, selon des estimations de l'OCHA.

 



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