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RCA: fortes tensions à Bambari avant la visite de Le Drian

Une attaque a été lancée par des combattants rebelles de l'ex-Séléka et des civils armés contre la cathédrale Saint-Joseph de Bambari

 

La ville de Bambari, a connu lundi un nouvel accès de violences, quelques semaines après des affrontements entre chrétiens et musulmans qui ont fait plusieurs dizaines de morts et à la veille de la visite du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian dans cette ville du centre de la Centrafrique. Une attaque lancée lundi vers 15h00 heure locale (14h00 GMT) par des combattants rebelles de l'ex-Séléka et des civils armés contre la cathédrale Saint-Joseph de Bambari, dans laquelle des milliers d'habitants étaient réfugiés, a fait de "nombreuses" victimes, a-t-on appris auprès des responsables de l'évêché.Selon le révérend Firmin Gabgoua, un prêtre de la cathédrale, les assaillants pensaient que des membres des milices chrétiennes anti-balaka se trouvaient à l'intérieur. "Nous n'avons pas encore le bilan exact mais de nombreuses personnes ont été tuées. Au moment où je vous parle, ils sont encore là", a dit à Reuters le révérend Jésus Martial Dembelé, vicaire général de l'archidiocèse de Bangui.

 


© REUTERS/Siegfried Modola
image d'illustration
La force française Sangaris "se trouve près du site où vivent entre 4.000 et 6.000 réfugiés chrétiens, mais n'est pas intervenue", a-t-il ajouté. A Paris, le colonel Gilles Jaron, porte-parole des armées françaises, a fait état d'une situation "extrêmement confuse" et d'une "tension importante" autour de l'évéché. "Nous sommes intervenus vers 16, 17h00, heure locale, dans le quartier de l'évêché. Nous nous sommes retrouvés entre deux foules, une à majorité chrétienne et une à majorité musulmane et vraisemblablement ex-Séléka", a-t-il dit. "Vers 17h30 il y a eu une ouverture de feu contre les forces Sangaris qui ont été prises pour cibles par des tirs d'armes légères d'infanterie. Nous avons immédiatement riposté et infligé vraisemblablement des pertes à ce groupe".

"Des mouvements de foule instrumentalisés"
A la suite de cet accrochage, il y a eu "un afflux d'une partie de la population apeurée vers la base française", située à environ 2 km de l'évêché", a-t-il poursuivi. Selon un responsable de l'ex-Séléka, le groupe a été attaqué par des combattants anti-balaka dans un quartier à majorité musulmane. Un musulman a été tué au cours de l'accrochage, a-t-il rapporté. "Tout ce que nous avons fait, c'est riposter." Ce regain de tensions survient à l'heure où le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian effectue une visite de 48 heures en Centrafrique, à Bangui lundi et à Bambari mardi, quelques jours après des accrochages qui ont fait dix blessés dans les rangs des soldats français.

La semaine dernière, deux accrochages distincts ont opposé les forces françaises à des groupes armés dans la capitale Bangui et à Bambari. "Dans les deux cas, nous avons eu affaire à des scénarios similaires. Nous étions là pour appuyer les forces centrafricaines venues arrêter un responsable de groupe armé et, au moment de l'arrestation, il y a eu des mouvements de foule instrumentalisés", a dit à Reuters le colonel Jaron.

Au total, sept soldats français de la force Sangaris ont été blessés jeudi à Bambari et trois autres militaires français de la force Eufor RCA l'ont été vendredi à Bangui par des jets de grenade. Pour le porte-parole de l'état-major des forces armées françaises, il est urgent "que se réinstalle un cadre politique et que commence le processus de désarmement DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion, ndlr)". Plus d'un an après le début de la crise, la situation reste instable malgré la présence des 5.800 hommes de la Misca, la force africaine Misca déployés aux côtés des 2.000 soldats français de l'opération Sangaris et des 700 membres de l'Eufor-RCA, qui compte 250 Français dans ses rangs.

 



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