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La crise centrafricaine: de la prédation à la stabilisation

Des décennies de mauvaise gouvernance et de prédation par les autorités centrafricaines et les groupes armés ont conduit au déclin de l’économie et à l’effondrement de l’Etat en 2013

 

Pour stabiliser la République centrafricaine (RCA), le gouvernement de transition et ses partenaires internationaux doivent compléter l’approche sécuritaire par la relance de l’économie productive et la lutte contre la corruption et les trafics.

L’intervention internationale privilégie l’approche sécuritaire au lieu de proposer une stratégie de stabilisation globale. Dans son dernier rapport, La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation, l’International Crisis Group affirme la nécessité d’une approche qui articule l’opération de maintien de la paix avec la relance de l’activité économique, le soutien à la reconstruction de l’Etat et la lutte contre les trafics. Les conclusions et recommandations principales du rapport sont:

 


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• La demande du gouvernement de transition pour un soutien international fort crée l’occasion de nouer un partenariat durable entre nouvelles autorités et acteurs internationaux, notamment le G5 – les Nations unies, l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Union africaine et la France – et les Etats voisins.
• Ce partenariat devrait aller au-delà des mesures d’urgence et inclure un soutien aux institutions étatiques, à la lutte contre la corruption et les trafics ainsi qu’une relance de l’économie formelle. La nouvelle mission des Nations unies (Minusca) devrait élargir son mandat pour répondre à ces objectifs.
• Pour combattre la prédation d’Etat et améliorer la gestion des finances publiques, le gouvernement de transition et ses partenaires internationaux devraient s’accorder sur une gestion partagée des principaux services financiers.
• Pour lutter contre les réseaux de trafics illégaux, le gouvernement de transition devrait enquêter sur les fonds présumés détournés par les deux gouvernements précédents avec l’aide d’Interpol, des bailleurs de fonds et des Nations unies. Une cellule spécialisée devrait être créée au sein de la Minusca pour enquêter sur les trafics d’or, d’ivoire et de diamants.
• Pour redynamiser l’économie, le gouvernement, le secteur privé et les bailleurs devraient lancer des chantiers à haute intensité de main d’œuvre dans le secteur agricole et les travaux publics. Cela permettrait de créer de l’emploi, en particulier pour les jeunes et les combattants


«La mauvaise gouvernance et la prédation ont détruit ce qui restait de l’Etat, de l’économie et ont appauvri la population», affirme Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale. «L’actuel mandat de la mission de maintien de la paix n’est pas à la hauteur du défi centrafricain».

«Les acteurs internationaux en Centrafrique et le gouvernement de transition doivent comprendre qu’une opération de maintien de la paix n’est pas une stratégie mais un outil», affirme Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale. «Tant qu’ils n’établiront pas un réel partenariat pour combattre les causes profondes de la crise et changer le système de gouvernance, ils sont condamnés à répéter les erreurs du passé».

Le Rapport de l’International Crisis Group est DISPONIBLE

 



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